Un nouveau séisme politique secoue le sud du Yémen. Aïdarous al-Zoubaidi, figure de proue du Conseil de transition du Sud (STC), a été évincé du Conseil présidentiel. Alors que son fief subit les bombardements de la coalition saoudienne, l’unité du camp gouvernemental vole en éclats.
Une rupture consommée avec Riyad
L’annonce est tombée ce mercredi 7 janvier : les autorités yéménites ont officiellement révoqué Aïdarous al-Zoubaidi de ses fonctions au sein de l’exécutif. L’accusation est gravissime : « haute trahison ».
Le point de rupture semble être le refus catégorique du chef séparatiste de se rendre à Riyad pour des pourparlers de paix. Ces discussions visaient à réconcilier les factions du Sud, soutenues par les Émirats arabes unis, et le gouvernement officiel, protégé par l’Arabie saoudite. Ce refus a été interprété par la coalition comme une déclaration d’insubordination majeure.
Offensive aérienne et mystère sur sa localisation
Dans la foulée de cette annonce, la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a lancé une série de « frappes préventives » sur la province de Dhale, bastion historique d’al-Zoubaidi.
* Bilan humain : Au moins 15 frappes recensées et un bilan provisoire de quatre civils tués, selon des sources hospitalières.
* Incertitude : Si Riyad affirme qu’al-Zoubaidi a pris la fuite vers une destination inconnue, le Conseil de transition du Sud (STC) dément formellement, assurant que son leader se trouve toujours à Aden, protégé par ses troupes.
L’indépendance du Sud : le conflit dans le conflit
Cette crise souligne la fragilité extrême de l’alliance anti-Houthie. Le STC revendique depuis des années la restauration de l’État indépendant du Sud-Yémen, disparu lors de l’unification de 1990.
En décembre dernier, les tensions avaient déjà atteint un pic lorsque les forces séparatistes s’étaient emparées de territoires stratégiques avant d’être repoussées par des frappes saoudiennes en soutien aux factions loyalistes.
Contexte : Le Yémen est ravagé depuis 2014 par une guerre civile complexe. Si le front principal oppose le gouvernement aux rebelles Houthis (soutenus par l’Iran), cette « guerre dans la guerre » entre alliés du Sud menace de paralyser définitivement tout espoir de paix durable.
Quelles conséquences pour la suite ?
L’accusation de haute trahison ferme la porte à toute réintégration diplomatique immédiate d’al-Zoubaidi. Pour les observateurs, le risque d’une guerre ouverte au sein même du Sud n’a jamais été aussi élevé. La capacité de la coalition à maintenir un front uni face aux Houthis est désormais plus que jamais compromise.