Le Somaliland est-il en train de devenir le nouvel avant-poste de l’État hébreu dans le golfe d’Aden ? Face à la multiplication des rumeurs, les autorités de la république autoproclamée sont sorties de leur silence pour démentir catégoriquement tout troc diplomatique impliquant une présence militaire israélienne sur leur sol.
Le démenti formel d’Hargeisa
Le ministre des Affaires étrangères du Somaliland, Mohamed Bihi Yonis, a vivement réagi aux accusations venues de Mogadiscio. Il a qualifié d’« allégations mensongères » les propos du président somalien suggérant qu’un accord secret aurait été conclu.
Les points formellement démentis par le Somaliland sont :
L’installation d’une base militaire israélienne sur le territoire.
Et la réinstallation de populations palestiniennes en échange d’une reconnaissance diplomatique.
Une reconnaissance israélienne qui change la donne
Ce démenti intervient dans un contexte de rapprochement spectaculaire. Israël a récemment reconnu le Somaliland comme État souverain, une première pour une puissance de cette envergure. Pour Tel-Aviv, le Somaliland représente un allié stratégique majeur avec notamment son positionnement géographique où il est une fenêtre cruciale sur le golfe d’Aden et la mer Rouge.
Autre enjeu stratégique, la sécurisation maritime, un point d’appui face aux menaces régionales pesant sur les routes commerciales.
Cette nouvelle alliance ne passe pas inaperçue et suscite de vives inquiétudes à travers le monde :
Moscou a exprimé sa préoccupation, qualifiant la reconnaissance israélienne de décision « politiquement motivée ». Le Kremlin craint que ce mouvement ne déstabilise davantage une région déjà fragile et n’entraîne une escalade militaire. L’Union Africaine (UA) de son côté, fidèle à son principe d’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, voit d’un mauvais œil cette reconnaissance qui pourrait encourager d’autres mouvements séparatistes sur le continent.
Au Moyen-Orient, plusieurs pays de la région craignent que l’implantation de l’influence israélienne dans la Corne de l’Afrique ne déplace le conflit israélo-arabe vers de nouveaux théâtres d’opérations.
Analyse : L’enjeu de la reconnaissance
Pour le Somaliland, qui fonctionne de manière autonome depuis 1991 sans reconnaissance internationale massive, ce soutien israélien est une victoire diplomatique à double tranchant. Si elle offre une légitimité nouvelle, elle place le pays au centre d’un échiquier mondial où les grandes puissances s’affrontent pour le contrôle des routes maritimes.