En réponse à l’interdiction de voyager imposée par l’administration Trump, le Mali a activé des mesures de réciprocité immédiates. À Bamako, experts et citoyens saluent une riposte nécessaire pour l’honneur et la souveraineté du pays.
La fin de la « diplomatie unilatérale »
Le bras de fer entre Washington et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) franchit un nouveau palier. Depuis l’annonce par la Maison Blanche d’une interdiction totale de territoire pour les ressortissants maliens, burkinabés et nigériens, la réponse de Bamako ne s’est pas fait attendre. Le gouvernement malien a officiellement suspendu l’octroi de visas aux citoyens américains.
Pour Ibrahim Soumounou, analyste politique, cette « loi du talion » est l’unique langage audible :
« Le gouvernement a frappé fort. Nous avons autant besoin des Américains qu’ils ont besoin de nous. Il est temps d’affirmer l’importance de notre pays. »
La rue bamakoise indignée mais déterminée
Dans les quartiers populaires de la capitale, le sentiment de supériorité affiché par Washington passe mal. Pour Issa Camara, soudeur de profession, la dignité nationale ne peut être négociée sous prétexte de puissance économique.
« Ils se croient supérieurs à nous, mais ce n’est pas le cas », martèle-t-il. « Il est difficile d’affirmer son indépendance quand on a peur. Nous répondons de la même manière, sinon cette situation ne finira jamais. »
Même constat chez Adama Coulibaly, artisan, qui rappelle que les États-Unis trahissent leurs propres valeurs :
* Un paradoxe : Les USA, pays de la « liberté », sanctionnent un peuple en quête de stabilité.
* Un besoin de respect : « Les pays doivent se respecter mutuellement », souligne-t-il, appelant Washington à soutenir le Mali plutôt qu’à l’isoler.
Pourquoi Washington a-t-il fermé ses portes ?
Pour rappel, l’administration Trump justifie cette mise au ban par trois motifs principaux :
* Failles de sécurité et menaces terroristes.
* Corruption alléguée au sein des administrations locales.
* Refus de réadmission des ressortissants expulsés par les États-Unis.
Un front commun au Sahel
Cette crise renforce la cohésion au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali, le Niger et le Burkina Faso font désormais front commun contre ce qu’ils qualifient de « restrictions unilatérales portant atteinte à leur souveraineté ».
En optant pour des sanctions réciproques, ces nations envoient un message clair : le temps des décisions prises à Washington sans consultation préalable est révolu.