Ouagadougou franchit un cap historique. Avec 94 tonnes d’or extraites en 2025, le Burkina Faso signe sa meilleure performance industrielle et artisanale, portée par une politique de souveraineté nationale de plus en plus affirmée.
Une production en hausse de 46%
Le bilan présenté par le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, devant le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, est sans appel : le secteur extractif burkinabè a changé de dimension.
Avec 94 tonnes d’or produites (incluant les saisies et le secteur artisanal), le pays enregistre une hausse massive de plus de 30 tonnes par rapport à l’exercice 2024.
Les chiffres clés de l’année 2025 :
* Production totale : 94 tonnes.
* Part du secteur artisanal : 42 tonnes (un record de structuration).
* Lutte contre la fraude : 10 kg d’or récupérés du circuit illicite.
* Taux de réalisation des objectifs ministériels : 89,66 %.
L’énergie comme moteur de développement
Le succès minier ne profite pas qu’aux coffres de l’État ; il se traduit aussi par une accélération de l’électrification nationale. En 2025, le gouvernement a mis l’accent sur l’inclusion énergétique :
* Raccordements : 160 000 nouveaux ménages branchés au réseau.
* Ruralité : 131 localités rurales désormais électrifiées.
* Infrastructures : Plus de 665 km de lignes (transport et basse tension) déployés sur tout le territoire.
* Sécurité : Installation de 25 000 lampadaires pour renforcer la sécurité urbaine et périurbaine.
Cap sur 2026 : Le « Made in Burkina » minier
L’année 2026 s’annonce comme celle de la consolidation de la souveraineté. Le gouvernement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et prévoit une restructuration profonde du secteur :
> « En 2026, nous allons travailler à asseoir durablement la souveraineté énergétique et minière », a martelé le ministre Gouba.
Ce qui va changer l’année prochaine :
* Réforme du BUMIGEB : Modernisation du Bureau des mines et de la géologie.
* Coopératives artisanales : Une meilleure organisation de l’orpaillage pour limiter la fraude.
* Actionnariat local : L’annonce phare concerne l’arrivée de 10 projets miniers semi-mécanisés, qui seront portés à 100% par des investisseurs privés nationaux.
L’avis de l’expert
Cette montée en puissance de la SOPAMIB (Société de participation minière du Burkina Faso) montre la volonté de l’État de ne plus être un simple spectateur de l’extraction, mais un acteur majeur de la chaîne de valeur.