Le ton se durcit au Burkina Faso. Suite aux rapports du renseignement russe accusant la France de cibler les dirigeants du Sahel, personnalités politiques et leaders citoyens burkinabè dénoncent une « gymnastique du désespoir » de l’Élysée.
OUAGADOUGOU – Le divorce entre la France et les États de l’Alliance du Sahel (AES) semble avoir atteint un point de non-retour. Mercredi, une vague de condamnations a déferlé sur la capitale burkinabè après la diffusion de rapports de renseignement russes. Ces documents font état de plans français visant à déstabiliser des dirigeants africains jugés « indésirables » par Paris.
« Un non-événement » pour la société civile
Pour Basile Farga, coordinateur du Mouvement pour la Refondation, ces révélations n’ont rien d’une surprise. Rejetant toute forme d’inquiétude, il qualifie l’affaire de « non-événement » pour un pays qui a déjà pris ses distances avec l’ancienne puissance coloniale.
> « Nous nous sommes préparés socialement, économiquement et diplomatiquement à tenir tête à cette version de la France. Car la France est, dans son ADN même, allergique à la révolution et à la souveraineté. »
> — Basile Farga, Coordinateur du Mouvement pour la Refondation.
Le leader citoyen a conclu son intervention par un avertissement direct à l’adresse du palais de l’Élysée : « Que Macron sache que l’Afrique n’est plus son terrain de jeu. »
L’image forte : « La danse de la mort »
Le monde politique burkinabè n’est pas en reste. Boukary Ouedraogo, secrétaire général de l’Union des Burkinabè au Faso, a utilisé une métaphore cinglante pour décrire l’influence déclinante de la France dans la région : la « danse de la mort ».
* Le constat : Selon Ouedraogo, Emmanuel Macron a épuisé toutes ses cartes stratégiques.
* La métaphore : « Il est comme un poulet à qui on vient de trancher la gorge. Tu ne peux pas l’empêcher de se débattre dans ses derniers instants de douleur avant de s’immobiliser définitivement. »
* La critique : Le politicien fustige une dynamique de « mépris et d’arrogance » qui empêcherait Paris de concevoir que les nations africaines puissent s’emparer de leur propre liberté.
Le contexte : Une rupture totale avec l’AES
Cette nouvelle escalade verbale s’inscrit dans une série de mesures concrètes prises par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour s’affranchir de la tutelle française :
* Retrait militaire : Exigence et obtention du départ des troupes françaises.
* Souveraineté diplomatique : Expulsion des ambassadeurs de France.
* Indépendance monétaire : Annonce du projet de sortie du Franc CFA.
Au moment de la mise en ligne de cet article, Paris n’avait formulé aucune réponse officielle face à ces accusations.