6 mars 2026, 5:46 pm

SGS AU CAMEROUN : QUAND UN GÉANT MONDIAL DU CONTRÔLE SE RETROUVE AU CŒUR D’UNE POLÉMIQUE ; LA SGS DANS LA BOUE MARÉCAGEUSE TROPICALE

Entre enjeux financiers, interrogations juridiques et tensions institutionnelles, l’affaire du contrat de scanning attribué à la multinationale suisse SGS soulève de nombreuses questions sur la gouvernance des partenariats publics-privés au Cameroun.

Dans le monde du commerce international, la Société Générale de Surveillance (SGS) est un nom qui évoque généralement rigueur et fiabilité. Fondée en 1878 en Suisse, cette multinationale s’est imposée comme l’un des leaders mondiaux dans les domaines du contrôle, de la vérification et de la certification des biens échangés à travers le monde.

Mais au Cameroun, l’image d’excellence associée à ce géant mondial est aujourd’hui mise à l’épreuve par une controverse autour d’un contrat stratégique signé avec l’État.

Une présence au Cameroun depuis 1987

La présence de SGS au Cameroun remonte à 1987, avec l’implantation de ses premières activités dans le pays.

Le groupe y opère à travers plusieurs entités :

SGS Bureau de Liaison, représentant la maison mère basée à Genève

SGS Cameroun SA, filiale locale

SGS Scanning Cameroun SA, créée en 2016

Cette dernière est chargée de l’inspection par scanner des conteneurs dans les ports, les aéroports et certaines zones de transit, afin de renforcer la sécurité et la transparence des flux commerciaux.

2013 le lancement du processus de sélection

L’origine de la controverse actuelle remonte à 2013, année durant laquelle les autorités camerounaises lancent un processus de consultation entre plusieurs entreprises internationales pour la mise en place d’un système de scanning des conteneurs.

Plusieurs sociétés étaient en compétition pour ce marché stratégique, considéré comme crucial pour la modernisation du contrôle douanier.

2 mars 2015 signature du contrat avec l’État

Le 2 mars 2015, un contrat d’Inspection par Scanner (CIS) est signé entre l’État du Cameroun, représenté par le ministre des Finances, et la société SGS Scanning Cameroun SA.

Ce contrat prévoit une durée de dix ans.

Toutefois, plusieurs observateurs affirment que les conditions d’attribution du marché et certains aspects de la rédaction du contrat restent flous, alimentant les interrogations.

31 décembre 2015 une date de livraison non respectée

Selon les dispositions initiales du projet, les équipements de scanning devaient être livrés au plus tard le 31 décembre 2015.

Mais dans les faits, le déploiement des équipements aurait connu des retards importants. Le quatrième scanner, élément essentiel du dispositif, n’aurait été installé que plusieurs années plus tard, ce qui soulève des interrogations sur la mise en œuvre effective du contrat.

11 avril 2022 lancement officiel de l’exploitation complète

Selon une instruction publiée plus tard par le ministère des Finances, le contrat serait effectivement entré en vigueur le 11 avril 2022, date correspondant au lancement de l’exploitation du quatrième scanner.

Cette interprétation a suscité un débat juridique : certains experts estiment qu’un contrat signé en 2015 ne peut voir son entrée en vigueur effective fixée sept ans plus tard, sans modification formelle par avenant.

19 novembre 2025 une instruction ministérielle relance la polémique

Le 19 novembre 2025, le ministre des Finances publie une instruction précisant les modalités d’exécution du contrat.

Ce texte indique que le contrat signé en mars 2015 pour une durée de 10 ans doit désormais être considéré comme courant jusqu’au 11 avril 2032, en raison de la date d’entrée en exploitation complète du dispositif.

Cette décision a suscité des interrogations sur la possibilité de modifier ou préciser une clause contractuelle majeure par une simple instruction administrative, sans avenant officiel.

Décembre 2025 tensions autour du contrat

À partir de décembre 2025, des informations circulent selon lesquelles le Directeur général du Port Autonome de Douala aurait décidé d’annuler le contrat liant SGS au ministère des Finances.

Cependant, aucun acte officiel confirmant cette décision n’a été rendu public, ce qui entretient l’incertitude autour de la situation.

Février 2026 montée des tensions institutionnelles

Dans une correspondance datée du 13 février 2026, la société SGS demande le rétablissement de ses droits dans l’exécution du contrat.

Dans le même temps, une mission du groupe SGS conduite par son directeur général pour l’Afrique effectue un déplacement au Cameroun afin de discuter du dossier avec les autorités.

Un enjeu majeur pour la réputation du groupe

Pour SGS, l’affaire dépasse largement le cadre camerounais.

Le groupe suisse a bâti sa réputation internationale sur l’intégrité et la rigueur professionnelle. Une controverse de cette ampleur pourrait donc représenter un risque important pour son image.

Une affaire encore loin d’être terminée

Aujourd’hui, l’affaire SGS continue d’alimenter les débats au Cameroun.

Entre questions juridiques, enjeux économiques et tensions institutionnelles, ce dossier met en lumière les défis liés à la gouvernance des partenariats entre États et multinationales.

Et à mesure que de nouveaux éléments émergent, une certitude s’impose : cette affaire pourrait encore connaître plusieurs rebondissements dans les mois à venir.

Redige par: mylene Bisso

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