
Depuis l’annonce officielle de cette candidature, vous soutenez qu’elle ne bénéficie ni de l’appui du Sénégal ni de celui de l’Union africaine. Pourtant, les faits sont têtus : à ce jour, 41 pays africains sur 55 soutiennent cette candidature, plus de 80% des pays Africains et Macky Sall demeure le seul candidat africain au poste de Secrétaire général des Nations unies. Si votre mission est d’informer avec rigueur, pourquoi ces éléments essentiels sont-ils absents de votre traitement ?
Par ailleurs, les autres candidats – Michelle Bachelet (Chili), Rafael Grossi (Argentine) et Rebeca Grynspan (Costa Rica) – sont-ils, eux, soutenus par une organisation régionale unique ? Évidemment non. L’Amérique latine présente plusieurs candidats pour une même région, et cela ne semble susciter aucune polémique dans vos colonnes. Mieux encore, le Chili a retiré son soutien officiel à Michelle Bachelet, sans que cela ne remette en cause sa candidature, puisqu’elle est portée par un autre État membre. Êtes-vous informés de ces réalités ou choisissez-vous simplement de les ignorer ?
Faut-il rappeler qu’une des conditions fondamentales pour être candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU est d’être présenté par un État membre, et non nécessairement soutenu unanimement par une organisation régionale ? Pourquoi, dans ce cas, une telle focalisation négative sur la candidature du Président Macky Sall ?
Au-delà de ces considérations, son grand oral récent aux Nations unies, comparé à celui des autres candidats, a clairement démontré une chose : bien qu’étant le seul Africain en lice, il présente aujourd’hui le profil le plus solide pour porter des réformes ambitieuses, repositionner l’ONU dans un monde en mutation, et restaurer la crédibilité d’une institution en perte de repères.
Enfin, il est important de vous dire ceci : à force de produire des récits biaisés, vous contribuez vous-mêmes à la défiance dont vous êtes aujourd’hui l’objet. Après le Mali, le Niger et le Burkina Faso, d’autres pays africains pourraient suivre cette voie. Car à force d’exiger des démentis permanents, vous donnez le sentiment que les États africains doivent constamment se justifier face à des informations que vous avez vous-mêmes contribué à déformer.
L’Afrique mérite mieux. Elle mérite une information juste, équilibrée et respectueuse de sa réalité et de ses choix.
Par : Serge Espoir MATOMBA