
L’Algérie vient de franchir une étape majeure dans la récupération des fonds détournés par d’anciens oligarques, avec l’annonce officielle de la restitution de plus de 110 millions de dollars gelés en Suisse ce dimanche ,05 avril. Ce succès, dévoilé par le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf lors du conseil des ministres, illustre la détermination du pays à traquer les avoirs mal acquis et à restaurer la justice économique, malgré le silence persistant de la France sur ce dossier sensible.
L’affaire du trésor du FLN : un passé lourd de tensions
L’histoire remonte à l’après-indépendance, en 1962, lorsque Mohamed Khider, trésorier du Front de libération nationale (FLN), a pris en charge un trésor financier important appartenant au mouvement de libération. Placé sur des comptes bancaires en Suisse, ce trésor est devenu un enjeu politique majeur après la rupture entre Khider et Ahmed Ben Bella, premier président algérien. Exilé en Suisse, Khider annonça qu’il mettrait ces fonds à disposition des opposants au régime avant d’être assassiné en 1967. Ce n’est qu’en 1979 que l’État algérien a pu récupérer une partie de ce trésor, tandis que le reste a disparu dans des circonstances restées obscures.
Une procédure judiciaire rigoureuse avec la Suisse
Le ministre Ahmed Attaf a précisé que l’Algérie a adressé 33 commissions rogatoires à la Suisse dans le cadre de la traque des fonds détournés. Vingt dossiers ont été examinés et acceptés, et quatre ont été définitivement traités, permettant la restitution de plus de 110 millions de dollars. Cette avancée fait suite à une visite officielle d’Ahmed Attaf en Suisse, centrée sur la coopération judiciaire et policière, qui a renforcé les liens entre les deux pays dans la lutte contre la corruption.
Le silence de la France : un frein à la coopération
Alors que la Suisse a répondu favorablement aux demandes algériennes, la France demeure silencieuse sur la question des fonds algériens gelés sur son sol. Ce mutisme est perçu comme un obstacle majeur à la transparence et à la justice, freinant les efforts de l’Algérie pour récupérer ses avoirs. Ce silence contraste avec la dynamique positive observée avec la Suisse et soulève des interrogations sur les raisons politiques ou diplomatiques qui sous-tendent cette absence de coopération officielle.
L’Espagne, un allié précieux dans la lutte contre la corruption
À l’inverse, l’Espagne a manifesté un soutien clair à l’Algérie dans sa démarche. Par une coopération judiciaire renforcée et un engagement à faciliter la restitution des fonds détournés, Madrid se positionne comme un partenaire clé dans cette lutte internationale contre la corruption. Ce soutien est d’autant plus important que la coopération européenne est essentielle pour la réussite des procédures de récupération.
Une victoire symbolique et financière pour l’Algérie
La récupération de ces fonds représente une victoire majeure pour l’Algérie, tant sur le plan symbolique que financier. Elle témoigne de la volonté du pays de poursuivre sans relâche la traque des fonds détournés et d’affirmer sa souveraineté économique. Ce succès envoie un message fort aux réseaux de corruption et aux anciens oligarques : l’Algérie est déterminée à défendre ses intérêts et à restaurer la justice.