
À l’occasion du Sommet sur l’investissement dans les ressources naturelles et l’énergie à Abuja, le président nigérian Bola Tinubu à travers les mots transmis de son porte parole du gouvernement,les messages contenus dans l’enveloppe étaient forts. Le président nigérien a un lance discours souverainiste qui fait directement écho au virage patriotique de la Guinée sur l’or brut, dessinant les contours d’un nouvel axe de résistance économique en Afrique.
Ce mercredi 24 juin 2026, Abuja est devenue la capitale de la souveraineté économique africaine. Lors du Sommet sur l’investissement dans les ressources naturelles et l’énergie (AFNIS), le président nigérian Bola Tinubu, par la voix de son représentant, a prononcé un réquisitoire sans concession contre le modèle extractivisme traditionnel : « L’Afrique ne doit plus exporter ses minerais bruts pour ensuite racheter des produits finis », a-t-il martelé.
Pour le chef d’État de la première économie du continent, la messe est dite : la prospérité future de l’Afrique dépendra exclusivement de sa capacité à transformer ses ressources sur place, à bâtir des industries lourdes et à retenir la valeur ajoutée sur le continent pour créer des millions d’emplois.
L’écho patriotique d’Abuja à Conakry
Cette déclaration forte et pragmatique ne résonne pas dans le vide. Elle vient donner un élan patriotique et une légitimité continentale cruciale à la politique de rupture menée par son homologue guinéen, le général Mamadi Doumbouya. En Guinée, les autorités ont d’ores et déjà imposé un veto strict sur l’exportation de l’or brut à l’extérieur, exigeant le raffinage local avant toute sortie des frontières.
En s’attaquant ainsi aux flux financiers et physiques des matières premières, la Guinée et le Nigeria brisent un tabou post-colonial. Si Conakry applique la méthode forte sur l’or et la bauxite, Abuja accélère sur le traitement local du lithium (avec plusieurs usines géantes déjà sorties de terre) et des métaux stratégiques.
Un duo de leaders pour donner le ton au continent
Cette convergence de vue entre le géant nigérian et le bastion minier guinéen marque un tournant. Loin des simples discours d’intention, ces deux puissances ouest-africaines passent à l’action concrète. En harmonisant, de fait, une doctrine de souveraineté minière, ce duo semble lancer un message clair et un défi technique aux autres dirigeants du continent : l’ère de l’Afrique « comptoir de matières premières » est révolue.
Face aux exigences de la transition énergétique mondiale où l’Afrique détient les clés des minéraux critiques , le message d’Abuja est un avertissement aux partenaires internationaux. Désormais, pour obtenir les ressources africaines, il faudra installer les usines en Afrique.