
Par NGANMENIE
Reportage spécial
C’est une question de survie pour plus de 30 millions d’âmes. La capitale tchadienne a accueilli, du 23 au 24 juin, un colloque scientifique international d’une importance vitale, axé sur le nexus « Climat, paix et sécurité ». Derrière les discussions d’experts une préoccupation majeure s’impose : sauver le bassin du lac Tchad de l’avancée inexorable du désert et d’un assèchement dramatique et de la situation sécuritaire quotidienne .
Le cri du cœur de N’Djaména : innover pour prévenir le chaos
Placée sous le thème « Climat, paix et sécurité dans le bassin du lac Tchad : innover, prévenir et agir », cette rencontre stratégique a réuni chercheurs, universitaires, décideurs politiques et représentants des communautés locales. Pour le Tchad, pays hôte, l’enjeu dépasse la simple diplomatie environnementale. C’est un défi existentiel.
Le lac Tchad, véritable lisière naturelle aux portes du Sahara partagée entre le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigéria, a vu sa superficie historique de 25 000 km² se réduire comme peau de chagrin. Aujourd’hui, l’assèchement prive la région de ses ressources vitales. Comme l’a rappelé avec gravité le ministre tchadien de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, en réaffirmant l’engagement du gouvernement auprès de la stratégie de l’UNOCA : « L’échec n’est pas une option ».
Un poumon économique menacé d’asphyxie
Sur le plan économique, le constat des participants est alarmant. Le lac Tchad est le plus grand réservoir d’eau de la région, le moteur économique indispensable qui alimente le commerce transfrontalier, l’agriculture, l’élevage et la pêche. Au Tchad, ce sont près de 70 % de la population qui dépendent directement ou indirectement des ressources de ce bassin pour vivre. L’asphyxie du lac équivaut à l’asphyxie économique de millions de familles africaines.
Urgence socio-politique : stopper la crise humanitaire
Sur le plan socio-politique et sécuritaire, la crise est déjà là. L’assèchement progressif du lac réduit l’accès aux terres fertiles et aux points d’eau, provoquant des tensions brutales et des conflits locaux entre agriculteurs, éleveurs et pêcheurs. Cette détresse environnementale alimente une crise humanitaire complexe, qui fait le lit de l’insécurité et de l’instabilité dans toute la sous-région.
Face à ce péril, le Tchad n’a d’autre choix que de prévenir et innover. Les travaux menés par le GERICA-ACC (Centre de formation en gestion des risques de catastrophe) visent précisément à dégager des propositions concrètes et des mécanismes d’adaptation.
La protection et la restauration du lac Tchad constituent désormais la seule avancée majeure capable de garantir la paix et la dignité des populations. Ce colloque international n’était pas une réunion de plus : c’était le point de départ d’un sursaut collectif indispensable pour le Tchad et ses voisins.
Par NGANMENIE
Reportage spécial