
Dans une décision historique qui marque un tournant radical dans sa politique économique, le Gabon a officiellement mis fin, ce 28 juin 2026, à son accord de pêche avec l’Union européenne. Après plus de trois décennies d’une collaboration jugée largement défavorable, Libreville a décidé de reprendre le contrôle total de ses ressources halieutiques.
La mesure, devenue effective dès ce 29 juin 2026, est sans appel. Le gouvernement gabonais tourne la page d’un partenariat en vigueur depuis 2007, maintes fois reconduit, mais de plus en plus contesté par les experts et la société civile locale. Au cœur des griefs : un modèle d’exploitation perçu comme « prédateur » et déconnecté des réalités du pays.
Un bilan accablant : le constat de l’échec
Pendant des années, cet accord a suscité une vive controverse. Loin de favoriser le développement local, il agissait, selon de nombreux observateurs, comme une véritable hémorragie économique. cet accord plusieurs dénoncés par le président Brice lui même,vient de se heurter au mur .Les chiffres révélés par le communiqué officiel sont édifiants : Libreville versait chaque année une contrepartie financière de 1,7 milliard de FCFA (environ 2,6 millions d’euros) à l’UE.
En contrepartie, les navires européens bénéficiaient d’un accès aux eaux gabonaises dont les captures étaient, pour l’essentiel, directement exportées vers l’Europe. Ce schéma privait le pays de tout levier de croissance : aucune création d’emplois durables, aucun transfert de technologie et, surtout, une absence totale de valeur ajoutée sur le territoire national. Pour la population, ce mécanisme, jugé « illégal » par certains experts indépendants, n’était plus soutenable.
La nouvelle doctrine : « Transformer ici pour manger ici
Cette rupture n’est pas qu’un simple retrait administratif ; elle s’inscrit dans une nouvelle stratégie nationale axée sur la souveraineté alimentaire et industrielle. Le message de Libreville est clair : l’ère de l’exportation brute des matières premières est révolue.
Désormais, le gouvernement gabonais impose une doctrine stricte : le débarquement systématique de la pêche dans les ports nationaux et l’obligation de transformation locale. L’objectif est double :
- Dynamiser l’emploi local : En structurant une véritable filière industrielle de transformation (conserveries, conditionnement, chaîne du froid), le pays espère générer des milliers d’emplois pour la jeunesse gabonaise.
- Renforcer la sécurité alimentaire : En réorientant la production vers le marché intérieur, le Gabon entend lutter contre la vie chère et assurer une meilleure disponibilité des protéines marines pour ses citoyens.
En reprenant la pleine souveraineté sur ses eaux, le Gabon envoie un signal fort aux partenaires internationaux. La gestion de l’océan doit désormais servir, en priorité, l’économie nationale et le bien-être des populations locales. Le défi, pour les mois à venir, sera de réussir la transition opérationnelle et d’attirer les investissements nécessaires à cette nouvelle ambition industrielle.