
Un tournant historique pour l’Afrique de l’Est
Le 07 août 2026, les présidents Yoweri Kaguta Museveni et Samia Suluhu Hassan ont officiellement approuvé un protocole d’accord majeur pour la création du pôle énergétique régional de Tanga. Évalué à plus de 20 milliards de dollars, cet accord scelle une vision commune : transformer durablement les ressources énergétiques de la région pour propulser son industrialisation.
Signé entre la Compagnie nationale pétrolière ougandaise (UNOC), la Société tanzanienne de développement pétrolier (TPDC) et Vitol Bahrain EC, le texte pose les jalons d’un vaste complexe énergétique sur la côte tanzanienne de l’océan Indien.
Au-delà de l’exportation : le pari de la transformation locale
Jusqu’alors ancré dans un modèle d’exportation de matières premières brutes, l’Ouganda et la Tanzanie font le choix stratégique de la valeur ajoutée sur le continent. Adossé à l’oléoduc d’Afrique de l’Est (EACOP) long de 1 443 kilomètres et reconnu comme le plus long oléoduc chauffé électriquement au monde , le futur hub de Tanga réunira :
- Des infrastructures de raffinage et de stockage de pointe.
- Des unités de pétrochimie et de logistique avancée.
- Un réseau de transport optimisé pour les produits énergétiques.
« L’EACOP transporte des molécules. Le pôle énergétique régional de Tanga transforme ces molécules en prospérité », a résumé le ministre tanzanien de l’Énergie, Deo Ndejembi.
Emplois, souveraineté et complémentarité régionale
Pour Kampala comme pour Dodoma, ce projet est pensé comme un puissant levier de développement socio-économique. La ministre ougandaise de l’Énergie, Monica Musenero Masanza, a insisté sur la nécessité de stimuler l’émergence d’emplois hautement qualifiés, notamment dans l’ingénierie, la maintenance industrielle, les technologies et la gestion énergétique.
Les autorités ougadaises ont également tenu à clarifier la complémentarité des infrastructures en cours :
- La raffinerie de Hoima (dont la décision finale d’investissement est attendue début 2027 pour une mise en service entre 2029 et 2030) ciblera en priorité le marché intérieur ougandais.
- Le pôle de Tanga fonctionnera comme une plateforme régionale de premier plan pour approvisionner l’ensemble de l’Afrique de l’Est et une partie de l’Afrique centrale.
- Le projet intègre en outre un oléoduc bidirectionnel pour les produits raffinés, un gazoduc transfrontalier dont les études techniques s’achèveront avant fin 2026, ainsi qu’une interconnexion électrique de 400 kilovolts financée par la Banque mondiale.
Vers une réduction de la dépendance énergétique
En s’unissant mutuellement à travers cet accord historique, l’Ouganda et la Tanzanie s’offrent les moyens de sécuriser leur approvisionnement. Pour l’Ouganda en particulier, ce complexe doit permettre de réduire drastiquement une facture d’importation de produits pétroliers qui pèse actuellement près de deux milliards de dollars par an.
À travers ce partenariat scellé en ce mois d’août 2026, les deux nations démontrent que la souveraineté énergétique africaine passe désormais par l’intégration régionale et l’audace industrielle.