L’ambassadeur vénézuélien au Mali, Elio Francisco Colmenares Goyo, a vigoureusement condamné les récentes opérations militaires américaines ayant mené à la capture de Nicolás Maduro. Depuis Bamako, il appelle à un front commun des nations souveraines face à ce qu’il qualifie de « chute des masques » de l’impérialisme.
Un climat de résistance à Bamako
Mercredi, l’ambassade du Venezuela au Mali a pris des airs de bastion de la résistance. Sous les bannières frappées du slogan « Touche pas au Venezuela », diplomates, responsables politiques maliens et partisans se sont réunis pour une conférence de presse aux enjeux mondiaux. L’émotion était palpable dès l’ouverture, marquée par les hymnes nationaux des deux pays, symbolisant une alliance idéologique de plus en plus étroite entre Caracas et les capitales du Sahel.
« Les masques sont tombés »
L’ambassadeur Elio Francisco Colmenares Goyo n’a pas mâché ses mots. Pour lui, l’intervention des forces spéciales américaines sur le territoire vénézuélien et le transfert forcé de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores vers New York ne sont pas des actes de justice, mais une agression pure et simple.
« C’est le pétrole, la terre et l’eau appartenant à la terre de Bolívar qu’ils veulent s’approprier. Nous dénonçons cela depuis 25 ans », a martelé le diplomate.
Selon lui, les accusations liées à la drogue et aux armes ne sont que des paravents destinés à masquer une réalité plus crue : la lutte pour le contrôle des ressources naturelles et la survie du système financier dominé par le dollar.
Le parallèle entre l’Amérique Latine et le Sahel
Fait marquant de cette intervention, l’envoyé vénézuélien a établi un lien direct entre la situation en Amérique Latine et les crises de souveraineté dans la région du Sahel. Il a exhorté les pays du Sud global à ne pas rester spectateurs de cette escalade.
« Tous les peuples du monde et tous les gouvernements souverains doivent se lever », a-t-il ajouté, affirmant que le silence face à cette agression équivaut à une approbation tacite d’un précédent dangereux pour toutes les nations indépendantes.
Une condamnation unanime des soutiens locaux
La voix du Venezuela a trouvé un écho puissant chez les officiels maliens présents. Aboubacar Sidiki Fomba, figure politique locale, a dénoncé un « banditisme politique international ». Selon lui, Washington viole systématiquement le droit international dès qu’un État refuse de « remettre ses ressources naturelles aux impérialistes ».
Un monde fracturé
Cette montée de tension intervient alors que les États-Unis durcissent leur position pour maintenir leur hégémonie. Si les membres des BRICS et de nombreuses nations du Sud ont fustigé l’opération américaine, l’Union européenne reste dans une position d’équilibriste, appelant au respect formel du droit sans condamner l’acte de force.
Pour les observateurs à Bamako, cette crise n’est que le sommet de l’iceberg : celui d’un monde qui bascule irrémédiablement vers une confrontation entre l’ordre unipolaire de Washington et l’émergence d’un bloc souverainiste multipolaire.