Lors d’une récente session de sensibilisation à Toumodi, le mercredi 26 novembre 2025, Innocent Dabah, Directeur Régional des Mines et de la Géologie du Bélier, a exposé la gravité de l’impact financier de cette activité illégale.
Avec un cours de l’or avoisinant les 70 000 FCFA le gramme sur le marché international, l’extraction frauduleuse annuelle de quelque 142 tonnes d’or représente une fuite de capitaux colossale pour l’État. Selon les estimations, ce manque à gagner s’élèverait à près de 744 milliards de FCFA par an.
« Cette fuite de richesse nationale compromet nos efforts de développement », a martelé M. Dabah, insistant sur le fait que ces sommes échappent totalement au circuit économique formel et aux taxes.
Au-delà de l’enjeu financier, le Directeur régional a rappelé les dommages environnementaux et sociaux irréversibles engendrés par l’orpaillage illégal.
« L’orpaillage illégal détruit les terres agricoles, pollue les cours d’eau et met en danger les populations riveraines », a-t-il indiqué, faisant état des dégâts considérables observés dans les régions minières. L’utilisation de produits chimiques toxiques, comme le mercure, constitue notamment une menace sérieuse pour la santé publique et les écosystèmes.
Attirée par la flambée des cours mondiaux de l’or, la Côte d’Ivoire, à l’instar de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, est désormais couverte de mines clandestines échappant à tout contrôle.
Si cette activité est dangereuse pour ceux qui l’exercent, elle est extrêmement lucrative pour des réseaux structurés. L’ombre de groupes organisés, y compris des réseaux impliquant des acteurs libanais et locaux, plane sur cette manne financière de 744 milliards de FCFA. Abidjan tente désormais de mettre en place des stratégies efficaces pour maîtriser cette activité et récupérer ces richesses nationales.