Les tensions diplomatiques franco-algériennes ne cessent de se détériorer. En effet, le gouvernement français avait envoyé à Alger ces dernières semaines, une liste de 60 ressortissants algériens à expulser.
En réponse, l’Algérie a dénoncée la forme et le fond de la démarche, ce qui a fait réagir Paris par la suspension de l’exemption de visa pour les diplomates algériens. Aussi, début de ce mois de mars, le ministre de l’intérieur français Bruno Retailleau a donné une instruction aux services de la police aux frontières de refouler l’épouse de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, en lui interdisant l’entrée en France, avec pour motif qu’elle ne disposait pas de ressources financières suffisantes.
La dernière réaction du gouvernement algérien, à travers la direction des ressources humaines du ministère des Affaires étrangères, a donc été d’interdire à ses diplomates et leurs familles, tout voyage touristique ou personnel en France, y compris les transits via les aéroports français, et ce, jusqu’à un nouvel ordre.
Par ailleurs, la directive souligne le caractère « impératif et strict de la consigne » et appelle à « une application rigoureuse » des mesures qu’elle comporte.
Cette restriction de voyage s’inscrit dans un climat de tensions accrues, accentuées par la reconnaissance par Paris du plan marocain sur le Sahara occidental et l’arrestation de Boualem Sansal à Alger.
Certaines personnalités françaises,en l’occurence Marine Le Pen et son bras droit Jordan Bardella, voient dans cette crise l’occasion d’exercer une pression supplémentaire sur les questions migratoires en France.
Dans le même sillage, le ministre de l’intérieur français Bruno Retailleau a justifié cette mesure comme une « riposte graduée« , accusant l’Algérie de « ne pas respecter les accords de 1994 » concernant l’expulsion de ses ressortissants.
Les gouvernements algériens et français, ont tout l’air d’avoir l’intention de se rendre coup sur coup, dans ces tensions diplomatiques qui influencent visiblement, le quotidien de leurs concitoyens respectifs.