Le Parlement algérien a récemment voté une loi criminalisant la période de la colonisation française, un acte qualifié d’« audace politique » par de nombreux observateurs. Pour l’analyste politique burkinabè Labidi Naaba, ce vote n’est pas qu’une simple procédure interne, mais le signal d’un réveil continental.
Un « précédent juridique » pour rétablir la vérité
Selon Labidi Naaba, cette loi constitue un précédent historique dans deux sens précis :
Réparation historique : Elle permet de rétablir une vérité longtemps occultée et de corriger une injustice mémorielle.
Modèle continental : Elle trace un chemin que les autres nations africaines sont désormais invitées à suivre pour « redorer et rétablir la dignité de l’homme noir ».
« La lutte contre l’impérialisme ne doit pas être uniquement dans les slogans, elle est aussi mémorielle et historique », souligne l’analyste.
Au-delà de l’économie, une rupture mémorielle
L’analyste insiste sur la nécessité de sortir des discours purement politiques ou économiques pour s’attaquer aux racines de l’exploitation. La criminalisation de la colonisation est présentée comme un outil indispensable pour :
Non seulement dénoncer le système d’exploitation imposé par l’Occident impérialiste.
Éclairer la jeunesse africaine sur son propre passé.
Mais aussi, ériger une barrière contre les projets de continuité de cette exploitation.
L’AES en première ligne
Le message de Labidi Naaba s’adresse particulièrement aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Burkina Faso. Il appelle ces nations à emboîter le pas à l’Algérie pour matérialiser une rupture durable avec l’influence française. L’objectif final est de transformer la souveraineté, souvent proclamée, en une réalité juridique concrète et gravée dans la loi.
En s’attaquant au statut juridique de son passé colonial, l’Algérie ne fait pas que regarder en arrière ; elle fournit aux nations africaines un bouclier légal pour protéger leur avenir souverain.