La montée des tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël continue de susciter de vives réactions à travers le monde. En Afrique, plusieurs États ont exprimé leur inquiétude face à l’escalade militaire au Moyen-Orient, redoutant un élargissement du conflit et ses répercussions sur la stabilité internationale.
Au Tchad, le président Mahamat Idriss Déby Itno a réagi aux frappes aériennes menées contre l’Iran. Dans une déclaration officielle, il a affirmé suivre la situation « avec une profonde émotion et inquiétude », qualifiant cette période d’« épreuve » pour le peuple iranien. Il a également appelé à des prières pour la paix et la stabilité.
À l’inverse, le Soudan a condamné les frappes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe, notamment le Qatar, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie et l’Arabie saoudite. Les autorités soudanaises ont insisté sur le respect de la souveraineté des États et du droit international, plaidant pour un retour à la négociation.
La Tunisie et la Libye ont, elles aussi, exprimé leur préoccupation. Tunis a dénoncé toute atteinte à l’intégrité territoriale des États et affiché sa solidarité avec plusieurs monarchies du Golfe. Tripoli, de son côté, a mis en garde contre un élargissement du conflit, appelant à une solution diplomatique pour préserver la sécurité régionale.
En Afrique de l’Ouest et dans l’océan Indien, la prudence domine. Le Nigeria, le Ghana, la Gambie et les Seychelles ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter les zones de tension. À Accra, une partie du personnel diplomatique a été évacuée de Téhéran à titre préventif.
Au niveau continental, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à la désescalade et à la retenue. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a également exhorté les parties à privilégier le dialogue pour éviter un embrasement généralisé.
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Plusieurs pays de la région ont fermé leur espace aérien, provoquant des annulations et des déroutements de vols. Les aéroports égyptiens ont accueilli des appareils redirigés depuis d’autres destinations, illustrant l’impact immédiat de la crise sur le transport international.
Au-delà des déclarations officielles, l’inquiétude porte désormais sur les répercussions économiques et sécuritaires d’un conflit prolongé : hausse des prix de l’énergie, perturbations commerciales et risques accrus pour les communautés étrangères présentes dans la région.
Alors que les échanges de frappes et de menaces se multiplient, la communauté internationale, dont plusieurs pays africains, insiste sur la nécessité urgente d’un retour à la diplomatie. L’issue de cette crise pourrait redessiner durablement les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient et au-delà.