« Thomas Sankara n’est pas tombé sous les coups de l’ennemi qu’il combattait à visage découvert. Il est tombé sous les coups de ceux qui partageaient sa table, son uniforme et son serment. […] Quand l’ambition personnelle prend le pas sur le serment collectif, la porte s’ouvre de l’intérieur. »
C’est par cette mise en garde gravée dans la mémoire nationale que le Président du Faso, le camarade Capitaine Ibrahim Traoré, a marqué la cérémonie d’hommage national tenue à l’occasion de la 39ᵉ commémoration du 15 octobre 1987. Devant le peuple rassemblé, le chef de l’État a rappelé une leçon fondamentale de l’histoire : une révolution ne sombre pas seulement sous la pression des ennemis extérieurs, mais succombe avant tout face à la méfiance, la calomnie et la trahison intérieures.

Le 15 octobre 1987 : Un avertissement historique pour le présent
Revenant sur le sacrifice du Capitaine Thomas Sankara et de ses compagnons, le Capitaine Ibrahim Traoré a souligné que l’impérialisme n’a pu triompher que lorsque la cohésion nationale s’est effritée.
- Refuser la cacophonie : Un révolutionnaire qui sème le doute ou la division au sein de ses propres rangs travaille, consciemment ou non, pour l’adversaire.
- Le choix de la vigilance : La véritable fidélité au combat ne réside pas dans les discours enflammés, mais dans la loyauté mutuelle et le rejet intransigeant du soupçon et des paroles malveillantes.
- 1987 n’est pas 2026 : Le Burkina Faso d’aujourd’hui, fort d’un peuple mobilisé et conscient, refuse de commettre à nouveau les erreurs du passé.

Une pensée vivante : L’autonomie et le développement endogène
Plus qu’une simple commémoration mélancolique, ce rassemblement s’impose comme une affirmation de souveraineté et d’émancipation.
Produire et consommer local : Faisant écho à la vision économique de Sankara « consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons » , le Président a réaffirmé que chaque tonne de céréale récoltée et chaque entreprise créée représentent une victoire décisive sur la dépendance économique.
Une libération par le travail: De la défense du territoire par les FDS et les VDP au labeur des paysans, artisans, étudiants et travailleurs, l’émancipation se bâtit quotidiennement dans les champs, les usines et les salles de classe.

Un héritage universel qui inspire la jeunesse
Le Mémorial Thomas Sankara est aujourd’hui devenu un haut lieu de mémoire et de transmission. Avec plus de 200 000 visiteurs enregistrés entre mai 2025 et septembre 2026, l’esprit de la révolution continue de rayonner bien au-delà des frontières du Burkina Faso et de s’inscrire dans le patrimoine mondial.
Le message final résonne comme un engagement solennel : transformons la douleur des épreuves passées en un devoir de mémoire et une détermination inébranlable vers la souveraineté totale.
