
C’est validé. Pas de geste, pas de « on pourrait encore renégocier » : c’est l’habitude de la France, qui cherche parfois, par tous les moyens, à s’accrocher. La France est dans les remords. Pas de discussion, pas de contournement, pas de visite non plus ; toutes les voies de contournement sont bloquées. Ni le Mali, qui est son ennemi numéro un, ni le Niger non plus. C’est l’expulsion de tous les ambassadeurs et la fermeture automatique de ces guichets qui volent tant d’argent africain. Qui dit rupture dit fermeture et scellage des locaux diplomatiques. C’est par cette décision historique et immédiate, rendue publique et officielle ce vendredi 26 juin 2026, que le gouvernement du Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec la République française. Cette décision, qui prend effet immédiatement, marque un tournant décisif dans la géopolitique sahélienne.
Les motifs d’une séparation
- La résolution du Parlement européen concernant le Burkina Faso, adoptée le 18 juin 2026, est intitulée :
« Résolution sur la répression persistante de l'espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso
Le 18 juin 2026, le député européen Christophe Gomart a fait adopter par le Parlement européen une résolution critiquant la gestion du capitaine Ibrahim Traoré. Il a qualifié la gouvernance actuelle d’« échec dramatique », affirmant qu’« une partie majeure du territoire échappe au contrôle de l’État ».
Il a par ailleurs dénoncé la « réduction méthodique des libertés fondamentales » ainsi que l’isolement diplomatique du pays vis-à-vis de la communauté internationale. Il s’inquiète également de l’influence croissante de la Russie au Sahel. Dans la résolution européenne, il appelle à des enquêtes indépendantes sur les droits humains, à la protection de la liberté de la presse et invite le Burkina Faso à ne pas se retirer de la CPI.
- La résolution pour la libération de Mohamed Bazoum
Ce même individu a porté une résolution sur la libération de Mohamed Bazoum en mars 2026, adoptée le 12 mars 2026 par le Parlement européen.
Cette résolution exige la libération immédiate de l’ancien président du Niger, Mohamed Bazoum. L’eurodéputé avait fixé comme exigence stratégique d’obtenir cette libération avant le 2 avril 2026, date marquant la fin théorique du mandat présidentiel initial de Mohamed Bazoum.
Le 22 juin 2026, les autorités burkinabè ont officiellement réagi à la résolution adoptée par le Parlement européen le 18 juin 2026
Selon le porte-parole du gouvernement, le camarade Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette mesure fait suite à une évaluation approfondie des rapports bilatéraux. Les autorités burkinabè estiment que les conditions de respect mutuel et de souveraineté nationale ne sont plus réunies, dénonçant un « activisme incessant » de Paris contre les intérêts nationaux, ainsi que des « ambitions néocoloniales ».
Le communiqué fustige notamment le soutien à des réseaux subversifs et une volonté manifeste de marginaliser le pays sur la scène internationale.
- Responsabilité et nouvelle orientation stratégique
Face à ce qu’il qualifie de « visées impérialistes », Ouagadougou fait le choix de la responsabilité et de la souveraineté. Toutefois, le gouvernement précise que cette rupture est strictement institutionnelle et ne remet pas en cause les liens fraternels entre les peuples burkinabè et français. Il s’engage par ailleurs à assurer la protection des ressortissants étrangers tout en appelant la population au civisme.
Le Burkina Faso entend désormais poursuivre une politique étrangère indépendante, axée sur la diversification de ses partenariats et le renforcement de la coopération Sud-Sud. Le pays demeure néanmoins ouvert au dialogue avec la communauté internationale, à la seule condition que celui-ci repose sur le principe de l’égalité souveraine.