En apurant ses dettes colossales auprès des géants gaziers et des producteurs d’électricité, le gouvernement du président Mahama marque un coup d’éclat financier. Ce remboursement massif vise à restaurer la crédibilité du pays sur la scène internationale et à garantir la stabilité du réseau électrique national.
Un héritage financier lourdement apuré
Au 31 décembre 2025, le Ghana a franchi une étape décisive : le remboursement intégral de 597,15 millions de dollars (intérêts compris), permettant de restaurer la Garantie Partielle de Risques (GPR) de la Banque mondiale.
Cette garantie, indispensable pour attirer les capitaux étrangers, avait été totalement vidée sous l’administration précédente, plaçant le secteur énergétique au bord de l’asphyxie.
Les piliers du plan de sauvetage (Exercice 2025)
Le ministère des Finances a mobilisé un total de 1,470 milliard de dollars pour redresser la barre. Voici la répartition des principaux paiements :
* Partenaires Gaziers (ENI et Vitol) : 480 millions de dollars versés pour régler les factures impayées du gisement offshore Sankofa.
* Producteurs Indépendants (IPP) : 393 millions de dollars de dettes héritées ont été soldés après une phase de renégociation des contrats.
* Gaz domestique : Une feuille de route a été établie avec Tullow Oil pour sécuriser l’approvisionnement du champ Jubilee.
Pourquoi ce remboursement est stratégique ?
* Fiabilité internationale : En restaurant la GPR, le Ghana redevient un partenaire « fréquentable » pour les institutions multilatérales.
* Souveraineté énergétique : En payant ses fournisseurs de gaz, le pays privilégie la ressource locale au détriment des combustibles liquides importés, beaucoup plus chers.
* Croissance industrielle : Une électricité stable est la condition sine qua non pour attirer les industries lourdes dans la région d’Accra et de Tema.
> « L’ère de l’accumulation incontrôlée de la dette dans le secteur énergétique est révolue », a martelé le gouvernement dans son communiqué officiel.
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Vers une gestion en temps réel
Au-delà du remboursement des arriérés, l’administration Mahama a instauré un mécanisme de répartition des flux de trésorerie. Ce système, piloté par le ministère de l’Énergie, permet désormais de payer les factures courantes des producteurs d’électricité de manière quasi instantanée, évitant ainsi la création de nouveaux cycles d’endettement.