
Un regard vers le secteur de l’artisanat. Du 2 au 4 juillet 2026 s’est tenue une rencontre marquant une étape décisive pour l’artisanat continental. À Bamako, lors de la 12ᵉ Conférence ministérielle, le Mali a officiellement pris la présidence de l’Organisation pour le développement de l’artisanat africain (ODEPA) pour les deux prochaines années. Un mandat placé sous le signe de la modernisation et de la souveraineté économique.
Placée sous le haut patronage du Président, le Général Assimi Goïta, désormais officiellement désigné Champion de l’artisanat africain , cette prise de fonction insuffle une dynamique nouvelle au sein d’une organisation qui regroupe aujourd’hui 28 États membres.
Un secteur clé, véritable moteur de croissance
Loin d’être une activité marginale, l’artisanat représente un pilier vital des économies africaines. Dans les zones urbaines, il concentre jusqu’à 60 % des actifs. Sa contribution au Produit Intérieur Brut (PIB) varie selon les pays de 5 % à 30 %, soulignant un potentiel de développement encore largement sous-exploité.
Face à cet enjeu, la présidence malienne a tracé une feuille de route ambitieuse. L’objectif est clair : passer d’un artisanat de subsistance à un véritable moteur industriel et économique.
La feuille de route de Bamako : – professionnalisation et ambition
Pour concrétiser cette vision, Bamako entend articuler son mandat autour de quatre leviers stratégiques :
- La professionnalisation des artisans : structurer les filières pour garantir une montée en compétences.
- Le renforcement des capacités techniques : améliorer la qualité et la compétitivité des productions locales.
- L’accès facilité au financement : lever les verrous bancaires pour permettre aux artisans d’investir et de grandir.
- L’harmonisation régionale : créer un cadre de concertation cohérent pour une meilleure intégration économique.
Vers une souveraineté par l’artisanat
Au-delà de la valorisation des savoir-faire ancestraux, l’ODEPA mise sur une diplomatie économique renforcée. En modernisant sa gouvernance, l’organisation souhaite offrir au secteur artisanal une visibilité accrue sur la scène internationale, transformant ainsi le « Made in Africa » en une marque de référence.
En confiant les rênes à Bamako, les pays membres affichent leur volonté de faire de l’artisanat non seulement un vecteur de création d’emplois, mais un instrument stratégique de souveraineté économique pour le continent.