
Reçu le 6 juillet 2026 dans les locaux de la Mission diplomatique de l’union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a poursuivi ses échanges avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov. La rencontre s’est achevée ce 7 juillet au siège même de l’Union africaine.
À l’issue de leurs entretiens, Mahmoud Ali Youssouf et Sergey Lavrov ont acté un renforcement de leur coopération dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la sécurité, la sécurité alimentaire, la santé et les questions financières.
Alors que le monde est confronté à de multiples crises, cette rencontre jette les bases de la préparation du 3ᵉ Sommet Afrique–Russie, prévu les 28 et 29 octobre prochains à Moscou. Il convient également de souligner que ce déplacement de Sergey Lavrov sur le continent africain n’est pas une première. Le chef de la diplomatie russe effectue régulièrement des tournées en Afrique dans le cadre du renforcement des relations entre la Russie et les États africains.
Souveraineté et Multilatéralisme : Le cœur du rapprochement
Au-delà des échanges protocolaires, le message est clair : l’Afrique et la Russie entendent promouvoir un ordre international multipolaire. Les deux parties ont réaffirmé leur attachement indéfectible au droit international et à la Charte des Nations Unies.
Un point de convergence historique a été marqué sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie a officiellement réitéré son soutien à la position commune africaine, telle qu’exprimée dans le Consensus d’Ezulwini, plaidant pour la fin de « l’injustice historique » faite au continent africain, qui exige une représentation permanente au sein de l’organe décisionnel mondial.
Paix, Sécurité et le principe des « Solutions africaines »
La question sécuritaire a dominé les débats. Face aux instabilités persistantes au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et au Soudan, la Russie a réaffirmé son soutien au principe : « Des solutions africaines aux problèmes africains ».
Un levier concret a été identifié : le financement des opérations de soutien à la paix menées par l’Union africaine. Le texte insiste sur l’urgence d’opérationnaliser la résolution 2719 du Conseil de sécurité de l’ONU, visant à rendre le financement de ces missions plus prévisible et durable.
Vers une transformation économique et sanitaire
Conscients des vulnérabilités du continent, les deux partenaires ont ouvert plusieurs fronts de coopération pragmatique :
- Réforme financière : Ils appellent à une architecture financière internationale plus inclusive, dépolitisée et adaptée aux besoins de développement, dénonçant le poids écrasant de la dette et le coût élevé du capital pour les États africains.
- Sécurité alimentaire : Un engagement ferme a été pris pour garantir la fluidité de l’approvisionnement en engrais et produits agricoles vers les marchés africains.
- Urgence sanitaire : Face aux résurgences du virus Ebola en RD Congo et en Ouganda, une coopération accrue avec l’Africa CDC a été décidée pour renforcer la surveillance épidémiologique et les capacités de réponse rapide.
Un calendrier chargé pour 2027
Cette rencontre ne restera pas sans suite. En institutionnalisant ces consultations de haut niveau, prévues désormais sur une base annuelle, l’Union africaine et la Russie marquent leur volonté de passer d’une coopération ponctuelle à un partenariat stratégique de long terme.
L’horizon est désormais fixé à octobre 2026. À Moscou, les chefs d’État seront attendus pour traduire ces intentions en feuilles de route concrètes pour la période 2027-2029, avec un mot d’ordre : l’alignement systématique avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.