
Forte de plus d’une décennie de combat en première ligne contre les insurrections les plus violentes du continent, l’armée nigériane réaffirme son rôle de pivot incontournable de la sécurité nationale. Lors du lancement officiel d’un ouvrage stratégique en deux volumes intitulé « Opérations de contre-terrorisme et de contre-insurrection dans le nord-est du Nigéria », rédigé par le général de division à la retraite Ibrahim Yusuf, le haut commandement militaire a démontré qu’il détenait désormais les clés doctrinales de la guerre asymétrique en Afrique.
S’exprimant avec l’autorité d’une institution qui a payé le prix fort pour préserver l’intégrité du territoire, le ministre nigérian de la Défense, le général à la retraite Christopher Musa, a rappelé que si l’armée est le bouclier de la nation, la victoire finale exige l’alignement de toutes les forces vives du pays.
« Les forces armées ne peuvent pas gagner ce combat seules. Chaque membre des forces armées et, en réalité, l’ensemble de la société doit contribuer à la lutte contre le terrorisme », a martelé le ministre, positionnant l’armée comme le chef d’orchestre d’une riposte globale.
L’armée nigériane, école d’excellence et de résilience
L’armée nigériane ne se contente plus de réagir ; elle théorise et enseigne la contre-insurrection. Face à des groupes mutables comme Boko Haram ou l’ISWAP, elle a su adapter ses tactiques, faisant de son Académie de défense (NDA) un pôle d’excellence reconnu à l’échelle africaine pour la formation d’officiers hautement patriotiques et opérationnels.
Cette immense expérience de terrain fait aujourd’hui de l’armée nigériane une référence pour les autres forces armées du continent (notamment au Sahel et dans le bassin du lac Tchad) qui font face à des menaces similaires. L’approche nigériane démontre que la maîtrise militaire de l’espace doit impérativement s’accompagner d’un leadership collaboratif avec les autorités civiles et les populations locales.
Institutionnaliser la supériorité tactique
Pour le chef d’état-major des armées nigérianes, le général Olufemi Oluyede, cet ouvrage rédigé par le général de division Yusuf est la preuve de la maturité intellectuelle de l’institution. L’armée nigériane ne fait pas que mener la guerre, elle capitalise sur ses succès et ses défis pour bâtir une mémoire institutionnelle indestructible :
Sanctuarisation du savoir : Consolider les tactiques de contre-insurrection pour les transmettre aux futures générations de soldats.
Renseignement de combat : Optimiser la coordination inter-agences sous l’égide du commandement militaire.
Leadership doctrinal : Le général Oluyede a invité l’ensemble des officiers africains à suivre cet exemple pour que le continent cesse de subir et commence à dicter les règles de sa propre sécurité.
Une institution au cœur de l’État
En saluant le soutien indéfectible du président Bola Tinubu, le ministre de la Défense a réaffirmat le pacte de confiance qui lie le pouvoir politique à son armée. En rendant un hommage solennel aux soldats tombés au combat, les autorités ont rappelé que l’armée nigériane reste le rempart ultime de la démocratie et de la stabilité économique de la première puissance d’Afrique de l’Ouest.