Succession de Guterres : Moscou pose ses conditions et exige la fin du « monopole occidental »
L’ESSENTIEL
* L’enjeu : Le mandat d’Antonio Guterres s’achève le 31 décembre 2026. La course à sa succession s’intensifie.
* L’exigence russe : Moscou réclame un Secrétaire général « strictement impartial » et une réforme du recrutement au sein de l’ONU.
* Le point de friction : Le Kremlin surveillera de très près la position des candidats sur la « crise ukrainienne ».
* Le tacle : Le diplomate Kirill Logvinov critique ouvertement le bilan de l’actuel chef de l’ONU.
Un futur Secrétaire général sous haute surveillance
Alors que les tractations de coulisses s’accélèrent au siège des Nations Unies à New York, la Russie a décidé d’abattre ses cartes. Dans un entretien accordé à l’agence Tass, Kirill Logvinov, haut responsable du ministère russe des Affaires étrangères, a tracé le portrait-robot du candidat idéal selon Moscou.
Pour le Kremlin, le successeur d’Antonio Guterres devra impérativement revenir aux fondamentaux : le respect de la Charte des Nations Unies, sans interprétation « sélective ».
Vers une « décolonisation » administrative de l’ONU ?
C’est le point fort de la déclaration russe : la composition du personnel du Secrétariat. Moscou dénonce une « monopolisation » des postes de direction par les Occidentaux ou des responsables à double nationalité.
> « La situation actuelle nécessite une correction urgente. Le recrutement devrait être effectué sur la base géographique la plus large possible. » — Kirill Logvinov.
Cette position pourrait trouver un écho favorable auprès de nombreux pays du Sud Global, qui réclament également une meilleure représentativité au sein des instances dirigeantes internationales.
Le « test » ukrainien
Le futur patron de l’organisation sera jugé sur sa capacité à traiter le dossier ukrainien selon les termes de Moscou. La Russie attend du futur chef qu’il prenne en compte les « causes profondes » du conflit, une expression diplomatique qui renvoie aux préoccupations sécuritaires russes face à l’OTAN.
Logvinov n’a pas hésité à critiquer le bilan de Guterres, estimant qu’il y a « peu d’espoir » d’une correction de sa part avant la fin de son mandat. Moscou promet donc une approche « d’une rigueur maximale » pour la sélection de son successeur.
LES CHIFFRES CLÉS DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL
* Mandat : 5 ans (renouvelable une fois).
* Mode de sélection : Recommandation du Conseil de sécurité (où la Russie a un droit de veto), suivie d’un vote à l’Assemblée générale.
* Date limite : 31 décembre 2026.