À trois jours d’un scrutin présidentiel sous haute tension, le président sortant a mobilisé ses partisans ce lundi sur le terrain de l’Indépendance de Kololo. Entre bilan économique et appels à la stabilité, Museveni joue la carte de l’expérience face à une opposition menée par Bobi Wine.
Une démonstration de force à Kololo
C’est dans une ambiance électrique que Yoweri Museveni a tenu son dernier meeting dans le district de Kasese, à Kampala. Face à une marée humaine vêtue de jaune — la couleur du Mouvement de résistance nationale (NRM) —, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de poursuivre la transformation du pays.
« L’Ouganda est plus riche aujourd’hui », a-t-il lancé d’un ton assuré. Le président a longuement énuméré les succès de sa politique agricole et industrielle, citant l’augmentation massive de la production de café, de maïs, de sucre et de bétail.
« Pas des histoires, mais des faits »
Loin des promesses qu’il juge immatérielles de ses adversaires, le président ougandais a insisté sur le caractère concret de son bilan :
> « Ce que le NRM vous raconte, ce ne sont pas des histoires. Ce sont des choses qui ont été faites et que vous pouvez constater. »
Son mot d’ordre pour le scrutin de jeudi : la consolidation. Il appelle les électeurs à lui donner les moyens de protéger les acquis de ses quatre décennies au pouvoir.
Le paysage politique en chiffres
Malgré la longévité du président (au pouvoir depuis 1986), l’élection de cette année présente un véritable enjeu démographique et politique.
Intentions de vote selon les derniers sondages :
* Yoweri Museveni (NRM) : 45 % à 55 %
* Robert Kyagulanyi / Bobi Wine (NUP) : 30 % à 40 %
* Autres candidats (6 au total) : moins de 10 % chacun
Un duel de générations
Arrivé au pouvoir par les armes en 1986, Yoweri Museveni brigue aujourd’hui son sixième mandat électif. Pour ce faire, il a bénéficié de plusieurs révisions constitutionnelles majeures :
* 2005 : Abolition de la limitation des mandats.
* 2017 : Suppression de la limite d’âge de 75 ans, lui permettant de se représenter malgré ses 79 ans.
Face à lui, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, incarne le désir de changement d’une jeunesse ougandaise née bien après l’accession de Museveni au pouvoir. Si Museveni reste favori selon les instituts de sondage, l’écart se resserre dans les zones urbaines comme Kampala.
Par la Rédaction | Mis à jour le 13 janvier 2026 à 14h20