Annoncée en grande pompe sous la médiation de Luanda, la trêve entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 devait entrer en vigueur ce 18 février. Pourtant, sur le terrain dans le Sud-Kivu, le fracas des armes couvre encore les appels à la paix. À Uvira, entre colère et désillusion, la population dénonce une « paix de papier » tandis que les déplacés continuent d’affluer.
Le bruit des bottes persiste
Dans les rues d’Uvira, le décor ne trompe pas: convois militaires et patrouilles lourdement armées rappellent que la menace est aux portes de la ville. Malgré l’ultimatum fixé par le médiateur angolais João Lourenço, les combats font rage dans les Hauts et Moyens Plateaux.
« Ici, la guerre continue », tranche Mapenzi Manyebwa, acteur de la société civile locale. « Le M23 avance dans plusieurs localités comme Lemera et Kashatu. Les gens fuient les affrontements entre les rebelles et les Wazalendo. On ne peut pas parler de cessez-le-feu quand les villages se vident de leurs habitants. »
Un déficit de volonté politique?
Pour les observateurs, le problème réside dans l’application concrète des accords. Si la diplomatie s’active dans les capitales africaines, sur les lignes de front, le manque de communication et de sincérité des belligérants bloque toute avancée.
L’analyste politique Basimise Burumba Lebon pointe du doigt l’usage persistant de technologies de guerre :
> « Si nous apprenons que des drones sont à nouveau déployés, cela montre qu’il n’y a pas de volonté politique. On ne peut pas amener deux parties à la table alors qu’elles sont en guerre. Le médiateur angolais doit surveiller la situation de près, pas seulement parler. »
Uvira étouffe : L’urgence d’une normalisation
Au-delà de l’aspect militaire, c’est toute une économie transfrontalière qui est à l’agonie. La route Bukavu-Uvira reste parsemée d’incertitudes, entravant le commerce et la libre circulation.
Good Luck Heritier, humanitaire et résident, exprime l’espoir d’une population à bout de souffle:
« Tout s’est arrêté. Si ce cessez-le-feu était respecté, les enfants retourneraient à l’école, les enseignants reprendraient le travail et l’argent recommencerait à circuler. Nous avons besoin de cette paix pour reconstruire ce que le chaos a détruit. »
L’œil de la Rédaction
L’échec persistant de la mise en œuvre des trêves successives pose la question de l’efficacité des médiations régionales sans mécanisme de contrainte sur le terrain. À Uvira, comme ailleurs dans l’Est de la RDC, la population ne croit plus aux signatures au bas des documents, mais attend des actes concrets : le silence définitif des armes.
Votre avis compte
La médiation angolaise peut-elle réellement imposer la paix sans une intervention directe de la force régionale ?
Par la Rédaction de FORYOU MÉDIA AFRICA | Publié le 19 février 2026