Alors que les négociations de Paris entrent dans leur deuxième phase ce mercredi, un basculement géopolitique majeur s’opère. Pour la première fois, Londres et Paris s’engagent officiellement à envoyer des forces au sol pour garantir un accord de paix, sous l’œil attentif d’une administration Trump en quête d’un succès diplomatique rapide.
Une « Coalition des volontaires » pour verrouiller la paix
Le sommet de Paris pourrait bien être le moment où le conflit ukrainien change radicalement de trajectoire. Mardi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a créé la surprise en annonçant la signature d’une « déclaration d’intention » avec la France. Ce document prévoit le déploiement de troupes et l’établissement de bases militaires permanentes en Ukraine pour sécuriser tout futur cessez-le-feu.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de la « Coalition des pays volontaires ». Ce groupe de nations européennes entend fournir à Kiev les garanties de sécurité contraignantes qu’elle exige pour accepter de geler les hostilités.
Le rôle complexe de Washington
Si l’Europe se dit prête à s’engager militairement sur le terrain, l’implication américaine reste plus nuancée.
* Jared Kushner, membre clé de la délégation envoyée par Donald Trump, a salué des « progrès significatifs » sans pour autant crier victoire.
* Steve Witkoff, envoyé présidentiel, a confirmé sur le réseau social X que les discussions sur le plan de paix en 20 points avancent, notamment sur les mécanismes de surveillance.
Toutefois, une ligne rouge demeure : Donald Trump exclut toujours l’envoi de soldats américains au front. Le rôle des États-Unis se limiterait à la direction d’un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, laissant le poids de la présence physique aux alliés européens.
Berlin ne ferme aucune porte
L’Allemagne, longtemps réticente, semble s’aligner sur cette nouvelle fermeté. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré que Berlin « n’exclut rien », évoquant la possibilité de déployer des forces sur des territoires voisins membres de l’OTAN, voire en Ukraine après l’arrêt des combats.
« Il est établi quels pays sont prêts à assumer un rôle de premier plan dans la garantie de la sécurité terrestre, aérienne et maritime », a réagi Volodymyr Zelensky, soulignant que les aspects pratiques du commandement militaire sont déjà en cours de discussion.
L’ombre de Moscou
La réussite de ce plan dépendra désormais de la réaction du Kremlin. La Russie a toujours affirmé que le déploiement de troupes de l’OTAN en Ukraine serait inacceptable. Les négociateurs de Paris font donc un pari risqué : celui que la puissance de dissuasion de cette nouvelle force multinationale suffira à convaincre Vladimir Poutine de mettre fin à l’invasion, au prix d’une présence militaire occidentale pérenne à ses frontières.