22 mai 2026, 2:58 pm

L’ALGÉRIE OFFICIALISE SA LOI CRIMINALISANT LE COLONIALISME FRANÇAIS, UN SÉISME MÉMORIEL QUI RÉSONNE À TRAVERS L’AFRIQUE

C’est un tournant historique dans la longue et douloureuse bataille des mémoires entre Alger et Paris. La loi n° 26-10 du 12 mai 2026 relative à la criminalisation de la colonisation française est officiellement entrée en vigueur suite à sa publication au Journal officiel algérien, le 21 mai. Adopté à l’unanimité par l’Assemblée populaire nationale (APN) fin décembre 2025 puis validé par le Conseil de la nation en janvier, ce texte législatif sans précédent pose un acte politique fort : il qualifie la présence française (1830-1962) de « crime d’État » et en criminalise les effets directs et indirects jusqu’à nos jours.
Au-delà des frontières algériennes, l’écho de cette loi fait vibrer tout le continent africain, où de nombreuses voix s’élèvent pour saluer une « jurisprudence » essentielle pour la dignité de l’Afrique.

Un arsenal juridique contre 132 ans de crimes d’État

Le texte de loi ne mâche pas ses mots. Dès ses premiers articles, il s’attaque aux fondements mêmes de la relation mémorielle avec la France. L’Algérie exige désormais une « reconnaissance officielle » par Paris de son passé colonial et dresse une liste noire de 31 crimes coloniaux jugés imprescriptibles.
Parmi les exactions répertoriées, la loi retient :
Les homicides volontaires et les exécutions extrajudiciaires.
La torture physique et psychologique à grande échelle.
Les essais nucléaires et chimiques dans le désert algérien, ainsi que la pose de mines terrestres.
Sur ce dernier point, Alger hausse le ton et exige la décontamination totale des sites ainsi que la remise immédiate des cartes des explosions et des mines pour indemniser les victimes et leurs ayants droit.
Le volet des restitutions : La loi sanctuarise le droit inaliénable du peuple algérien à récupérer ses biens « pillés ou transférés ». Sont expressément visés les archives nationales, les valeurs matérielles et morales spoliées, mais aussi le rapatriement des dépouilles des symboles de la résistance et de la Révolution afin qu’ils soient inhumés sur le sol national.

Tolérance zéro contre l’apologie de la colonisation

Le volet pénal de cette nouvelle loi s’annonce particulièrement sévère. L’État algérien prévoit désormais de lourdes sanctions pour quiconque tenterait de réhabiliter la période coloniale.
Négation ou apologie du colonialisme : Les peines vont de 5 à 10 ans de réclusion, assorties d’amendes pouvant atteindre 1 000 000 de dinars algériens (~7 500 dollars).
Glorification par l’image ou la parole : Justifier la colonisation par des écrits, dessins, vidéos ou enregistrements audio est désormais puni de 3 à 5 ans de prison.
Atteinte à la mémoire des résistants : Les insultes ou outrages visant les figures du mouvement national et de la Révolution de libération encourent 2 à 5 ans de réclusion.

 L’écho panafricain : Les voix vives du continent s’enflamment

Si le texte est strictement algérien, sa portée, elle, est résolument continentale. Partout en Afrique, des intellectuels, des militants mémoriels et des leaders d’opinion voient dans l’initiative d’Alger un signal fort envoyé à l’ensemble des anciennes puissances coloniales.
Dans les capitales africaines, du Sahel jusqu’au golfe de Guinée, la réaction ne s’est pas fait attendre. Pour de nombreux observateurs africains, l’Algérie vient de briser un tabou juridique. Plusieurs mouvements de la société civile au Mali, au Sénégal et au Cameroun soulignent que cette loi pourrait servir de modèle pour exiger, partout en Afrique, des réparations concrètes pour les crimes de l’époque coloniale, notamment la question des pillages d’œuvres d’art et des massacres passés sous silence.
« L’Algérie montre la voie de la souveraineté mémorielle », résument de nombreux éditorialistes sur le continent, alors que la jeunesse africaine exige de plus en plus une rupture nette avec les vestiges de la « Françafrique ».
Alors que Paris n’a pas encore officiellement réagi à l’entrée en vigueur de ce texte, une chose est sûre : en juridicisant son passé, l’Algérie vient de redéfinir les règles du jeu diplomatique et offre à l’Afrique une nouvelle arme politique dans le grand débat mondial sur les réparations coloniales.

Redige par: clement Djomangola

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez

Espace annonceur

Les Plus commentés

NOTE : Plus jamais ça
AES:LES TROIS ÉTATS OFFICIALISENT LA CRÉATION D’UNE COMPAGNIE AÉRIENNE COMMUNE
NIGER / MANIFESTATIONS A NIAMEY : LE PEUPLE FAIT FRONT CONTRE LES MENACES DE DESTABILISATION
ANGOLA/ HEALTH / NATION REPORTS FIRST CASE OF MPOX

Articles qui pourraient vous plaire

Rechercher ...

Téléchargez notre application For you Media Africa dès maintenant

Ce site utilise des cookies

Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations relatives à l’appareil. Nous le faisons pour améliorer l’expérience de navigation et afficher des publicités personnalisées. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir des conséquences négatives sur certaines caractéristiques et fonctions.