
Six ans après la dépénalisation historique de 2020, la République Gabonaise opère un virage doctrinal radical au sein de son ordonnance répressive. Un projet de loi portant modification du Code Pénal est actuellement examiné par l’Assemblée nationale. Son objectif est clair : introduire une criminalisation renouvelée et durcie de l’homosexualité.
À travers ce texte,le président gabonais BRICE CLOTAIRE NGUEMA affiche un attachement inflexible aux mœurs nationales. Sur le plan de la technique juridique, le législateur procède à une extension de l’article 212 sur les atteintes aux mœurs, envoyant un signal fort de rupture avec les agendas extérieurs.
Jusqu’à 5 ans de prison et 10 millions d’amende : L’arsenal de la fermeté
La nouvelle mouture de la loi opère une fusion conceptuelle totale entre l’intimité des adultes, le délit d’opinion et la liberté de publication. Désormais, le fait d’avoir « entretenu des relations sexuelles avec une personne de même sexe », tout comme « l’apologie ou la publicité » de ces pratiques, deviennent des infractions pénales lourdes.
L’exécutif déploie un arsenal répressif sans concession :
- Jusqu’à 5 ans de prison ferme.
- Une amende pouvant atteindre 10 millions de FCFA.
En pénalisant l’« apologie », le pouvoir met un point final aux débats. Pour les autorités, cette modification textuelle est le reflet direct de la volonté populaire, massivement opposée aux modèles sociétaux importés.
Des valeurs non négociables portées par le peuple
Au Gabon, l’opinion publique, solidement épaulée par les autorités religieuses et coutumières, rejette l’homosexualité, perçue comme une excroissance culturelle exogène en contradiction totale avec le droit coutumier.
Cette trajectoire de conservatisme social assumé a déjà été gravée dans le marbre lors du Dialogue National Inclusif (DNI), puis actée dans la Constitution qui verrouille le mariage comme l’union exclusive entre personnes de sexes opposés. Pour Libreville, l’identité culturelle nationale prime désormais sur les conventions.
Face aux pressions et aux menaces de sanctions : Le Gabon assume le bras de fer
En durcissant sa législation, le Gabon sait pertinemment qu’il bouscule les règles du jeu imposées par les partenaires occidentaux. Qu’il s’agisse de l’Union Européenne et ses critères d’appui budgétaire, de l’éligibilité à l’AGOA américaine, du statut au sein du Commonwealth ou des exigences ESG des institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale), Libreville refuse le chantage financier.
Plutôt que de plier pour garantir l’accès aux capitaux internationaux, le Gabon choisit de dicter ses propres conditions. Le message envoyé au monde est limpide : la souveraineté nationale et le respect des valeurs gabonaises ne sont pas à vendre.