
L’absence d’une monnaie unique africaine a longtemps constitué un frein majeur à l’intégration économique du continent, pesant lourdement sur les coûts de transaction et profitant historiquement à des partenaires extra-africains. Face à ce défi persistant, le 69e sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu le 19 juillet 2026 à fretown, a marqué un tournant décisif. Entre la concrétisation du projet stratégique du Gazoduc Maroc-Nigéria, la désignation des nouvelles têtes de l’exécutif communautaire avec l’élection du président Bassirou Diomaye Faye comme président en exercice et de Birame Diop à la tête de la Commission , et l’annonce du lancement prochain d’une monnaie unique pour les 12 pays membres actuels, l’organisation régionale réaffirme sa souveraineté financière et économique. Pour garantir la rigueur de cette transition monétaire, le projet a été confié à la Côte d’Ivoire, pôle bancaire de premier plan, sous le parrainage stratégique du président Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la BCEAO et grand connaisseur des dossiers économiques de la sous-région.
Un sommet charnière à Freetown : déroulement et temps forts
Le 69e sommet ordinaire de la CEDEAO, qui s’est achevé le 19 juillet 2026, s’est imposé comme l’une des conclaves les plus déterminants de ces dernières années pour l’avenir de l’intégration sous-régionale. Réunissant les dirigeants des 12 États membres, les assises ont permis de dresser un bilan lucide des défis économiques et sécuritaires de l’espace ouest-africain, tout en traçant une feuille de route axée sur l’autonomisation et le développement partagé.
Les travaux ont accordé une place centrale à la diplomatie économique et à la concrétisation de grands projets d’infrastructure. Parmi les avancées majeures actées lors de cette session figure la validation définitive du projet de Gazoduc Maroc-Nigéria. Ce méga-projet énergétique, conçu pour sécuriser l’approvisionnement et stimuler l’industrialisation le long de sa trajectoire atlantique, illustre la volonté de la CEDEAO de bâtir des ponts solides entre l’Afrique de l’Ouest et le Royaume du Maroc, consolidant ainsi la coopération Sud-Sud.
La conférence a également été marquée par le renouvellement des instances dirigeantes de l’institution. La présidence en exercice de la CEDEAO a été confiée au président Bassirou Diomaye Faye, tandis que Birame Diop a été désigné pour présider la Commission. Ce nouveau leadership hérite de la mission de dynamiser l’appareil bureaucratique de l’organisation et d’accélérer l’application des réformes structurelles.
Souveraineté financière : la relance du chantier de la monnaie unique
Au-delà des questions diplomatiques et énergétiques, le fait marquant de ce 69e sommet demeure incontestablement la décision de concrétiser, à brève échéance, le lancement d’une monnaie unique au sein des instances de la CEDEAO.
Ce projet, débattu depuis des décennies, répond à une urgence économique vitale : sranchir les économies ouest-africaines des barrières de change intra-communautaires qui pénalisent la compétitivité des entreprises locales et absorbent une part importante des richesses nationales au profit d’acteurs extérieurs.
Afin de conférer au processus la rigueur technique et la crédibilité institutionnelle indispensables à la réussite d’une telle transition, la conduite de ce chantier a été confiée à la Côte d’Ivoire. Disposant d’un écosystème financier parmi les plus dynamiques et d’une assise solide en matière d’implantation de banques africaines, Abidjan s’affirme comme le carrefour naturel de cette transition. Le président Alassane Ouattara a été désigné comme le parrain de cette dynamique reconstructive, un rôle clé pour fédérer les États membres autour d’une discipline macroéconomique stricte et d’un calendrier d’exécution crédible.
Perspectives : vers le prochain sommet et les défis de l’opérationnalisation
Alors que les conclusions de ce 69e sommet saluent une avancée historique, les mois à venir s’annoncent décisifs. La machine institutionnelle est désormais en marche pour préparer le prochain sommet de la CEDEAO, qui sera entièrement consacré aux modalités techniques, juridiques et logistiques du déploiement de la monnaie unique.
Les experts et les ministres de l’Économie des 12 pays membres auront la charge de peaufiner les critères de convergence, d’harmoniser les politiques budgétaires et de mettre en place l’architecture de la future banque centrale régionale. Pour les populations et les acteurs économiques de l’espace CEDEAO, l’attente est immense : il s’agit de transformer une ambition politique de longue date en un levier concret de prospérité, de fluidité des échanges et d’indépendance monétaire.