1 juillet 2026, 6:46 pm

AFRIQUE DU SUD : 30 JUIN 2026, UNE BLESSURE TOUJOURS VIVE DANS LA MÉMOIRE DES PEUPLES AFRICAINS

L’Afrique du Sud, autrefois portée en étendard comme la « Nation arc-en-ciel », semble aujourd’hui avoir trahi son idéal. Ce symbole d’unité et de réconciliation est désormais éclipsé par une politique gouvernementale qui ravive de sombres fractures. Il est impératif de se remémorer l’année 1948 : l’avènement du Parti nationaliste et l’instauration d’un régime ségrégationniste brutal, où les populations noires étaient reléguées aux tâches les plus subalternes, confinées dans une véritable jungle institutionnelle. Il a fallu des décennies de lutte acharnée, portée par la mobilisation conjointe des citoyens africains et des pays africains avec l’engagement du Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela, pour arracher le pays au joug colonial et à l’oppression raciale. Pourtant, cette solidarité historique semble aujourd’hui oubliée, reléguée aux oubliettes de l’histoire. Comment en sommes-nous arrivés à ce point de bascule, où la ségrégation renaît sous de nouveaux traits, voyant des Africains en chasser d’autres sur leur propre sol ? C’est cette dérive préoccupante, et les mécanismes qui l’alimentent, que nous allons explorer dans la suite de cet article

L’ultimatum du 30 Juin 2026

Les groupes anti- immigration (tels que le mouvement « March and March ») ont donné aux étrangers jusqu’à la fin du mois de juin pour quitter le pays, faisant craindre une répétition des émeutes sanglantes du passé. Des zones côtières, notamment Durban et Mossel Bay , ainsi que des quartiers de Johannesburg ont été particulièrement touchés. Des centaines de migrants ont été contraints de fuir leurs habitations incendiées ou pillées, se réfugiant dans des centres communautaires, des mosquées ou devant le ministère de l’Intérieur. Les affrontements ont causé des pertes en vies humaines, avec des décès signalés parmi les ressortissants éthiopiens et mozambicains. 

Rapatriements et réactions diplomatiques Face à l’escalade de la violence, plusieurs pays du continent ont organisé des vols d’urgence pour rapatrier leurs citoyens :

    • Le Nigeria, le Ghana, la Tanzanie et le Malawi ont entrepris des opérations de retour volontaire ou de rapatriement pour protéger leurs ressortissants. 
    • Le gouvernement sud-africain, par la voix du président Cyril Ramaphosa, a condamné ces actes, affirmant que la xénophobie n’a « pas sa place » dans le pays. Toutefois, des pays d’origine et des observateurs internationaux ont pointé du doigt l’inaction perçue des forces de l’ordre

Causes structurelles Les violences xénophobes en Afrique du Sud sont un phénomène cyclique (ayant déjà éclaté en 2008, 2015 et 2021). Elles s’enracinent dans des facteurs profonds Chômage et pauvreté : Le pays fait face à un taux de chômage endémique. Les immigrés sont souvent accusés par les locaux de « voler » les emplois et de peser sur les services publics.  Boucs émissaires politiques : Les difficultés socio-économiques et le manque d’opportunités sont parfois instrumentalisés lors de discours politiques, désignant les populations migrantes comme responsables des maux du pays.  L’héritage d’une solidarité mondiale Il est crucial de rappeler que la chute de l’apartheid ne fut pas un exploit solitaire. Ce fut une victoire collective.

  • La coalition panafricaine : Des nations comme l’Algérie, l’Angola, la Tanzanie ou la Zambie ont offert des bases arrières, une formation militaire et un soutien politique indéfectible à l’Umkhonto we Sizwe (la branche armée de l’ANC).
  • Le soutien international : Au-delà du continent, le monde libre a exercé des pressions diplomatiques et économiques pour isoler le régime ségrégationniste. Mandela et ses compagnons de lutte (Tambo, Hani) portaient alors l’espoir d’une humanité universelle, bien au-delà des frontières sud-africaines.

Le Parti Nationaliste et la barbarie systémique Pour comprendre l’exigence morale actuelle, il faut revenir aux faits historiques du système instauré par le Parti National :

  • La déshumanisation : Un système basé sur la classification raciale, le déplacement forcé des populations (Group Areas Act), et une violence d’État institutionnalisée.
  • La terreur comme mode de gouvernance : Le régime de l’apartheid utilisait la torture, les assassinats extrajudiciaires et la répression sanglante pour maintenir la minorité blanche au pouvoir.

Ce passé n’est pas une simple page d’histoire, c’est la blessure originelle qui a justifié la lutte armée.

En conclusion

Il est inacceptable que de tels actes de violence restent impunis. Nous appelons l’ensemble des peuples et des ONG d’Afrique à prendre des mesures fermes. N’oublions pas que la libération de notre continent a été un effort collectif : de nombreuses nations africaines ont payé le prix fort pour briser le joug colonial. Aujourd’hui plus que jamais, la solidarité africaine doit prévaloir.

Redige par: clement Djomangola

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