
Une dynamique de réformes sous le signe de la fermeté
« Gouverner, c’est réformer. »
Cette célèbre maxime illustre la dynamique impulsée en Guinée par le général Mamadi Doumbouya. En prononçant la radiation de 173 militaires des forces armées pour désertion, le chef de l’État confirme sa volonté absolue de réorganiser l’armée et de consolider les bases de la gouvernance nationale.
Officialisée à la télévision nationale par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la Présidence, cette décision d’envergure touche des profils de premier plan. La mesure s’inscrit dans la continuité directe des limogeages récents de deux ministres, d’un conseiller à la présidence et d’un magistrat.
À travers ces actions, le président guinéen affiche une ligne claire : « Si exclure signifie aider le peuple, je commencerai par mon cercle proche. Sur la corruption, ma main ne tremblera pas, ni mon sang. » Un signal fort envoyé aux citoyens pour réaffirmer l’autorité de l’État. En parallèle, cette dynamique de refonte institutionnelle s’est traduite par la transformation d’anciennes sous-préfectures en préfectures.
Le cas emblématique du commandant Michel Lamah
Parmi les 173 militaires radiés, le nom du commandant Michel Lamah retient particulièrement l’attention.
Figure marquante de la transition, cet ancien membre influent du Groupement des forces spéciales (GFS) était devenu un visage familier du grand public. Le 5 septembre 2021, jour du coup d’État du Rassemblement démocratique pour la refondation et le développement (CNRD), il avait fait le tour des réseaux sociaux. On l’y apercevait, arborant des amulettes traditionnelles, au volant du véhicule transportant l’ancien président Alpha Condé immédiatement après son arrestation. Sa radiation marque un tournant symbolique fort dans l’application de la discipline militaire.
Un coup de balayage au sommet pour un tournant décisif
- Rétablissement de l’ordre : Lutte active contre l’indiscipline et la désertion au sein des forces de défense.
- Assainissement politique : Éviction de proches collaborateurs et de personnalités influentes pour moraliser la gestion publique.
- Réforme territoriale : Évolution administrative avec la promotion de sous-préfectures au rang de préfectures.
Cette série de radiations et de sanctions administratives marque une étape décisive. En s’attaquant aux dysfonctionnements internes de l’armée comme aux abus potentiels au sommet de l’État, le pouvoir de transition dessine les contours d’une gouvernance recentrée sur la rigueur et l’exemplarité.