
Par la rédaction
Autant dans l’histoire post-coloniale africaine, a-t-on connu un homme aussi intègre et juste que Julius Nyerere ? Malgré la pression des colons durant cette période de lutte, Julius n’a pas négocié sa liberté. Ils sont peu nombreux, ces dirigeants qui ont incarné la droiture avec autant de constance que Julius Nyerere pendant cette période de dure lutte anticoloniale. Julius a dirigé la Tanzanie de 1961 à 1985. Celui que l’on appelait affectueusement Mwalimu (l’instituteur en swahili) a laissé une empreinte forte, marquée par des ambitions économiques idéalistes, mais surtout par une intégrité financière quasi unique. Nyerere n’a jamais cherché à amasser des richesses personnelles. Il a conservé son modeste salaire d’ancien professeur pendant toute sa présidence. Il est retourné vivre dans sa modeste maison de village à Butiama après son départ du pouvoir. Il n’a pas créé de comptes secrets à l’étranger.
Lisez cet article. Peut-on encore retrouver ce genre de président africain ?
Le parcours de cet homme intègre
Mwalimu Julius Nyerere a mené une lutte pacifique et politique majeure contre le colonialisme britannique. Il a fondé le parti TANU en 1954 pour obtenir l’indépendance du Tanganyika, obtenue en 1961, avant de devenir le père de la nation tanzanienne et un champion du panafricanisme.
La lutte pour l’indépendance
Il a pris la tête de la Tanganyika African National Union (TANU) en 1954.Il a choisi la voie de la non-violence face aux autorités britanniques.Il a mené son pays à l’indépendance le 9 décembre 1961.Il a unifié le Tanganyika et Zanzibar en 1964 pour créer la Tanzanie.
L’action panafricaine
Il a aidé d’autres pays africains à se libérer du joug colonial et de l’apartheid.Il a dirigé le Comité de libération de l’Organisation de l’unité africaine (OUA).Il a soutenu les mouvements nationalistes en Afrique australe.
Le code de conduite: l’exemplarité par la loi
Dès 1967, Nyerere pose les bases de sa vision politique avec la Déclaration d’Arusha, prônant l’autosuffisance et un socialisme africain (le Ujamaa). Convaincu qu’un dirigeant ne peut servir le peuple tout en s’enrichissant, il instaure un code de conduite strict pour les élites :
- Interdiction de percevoir un second salaire.
- Interdiction de détenir des actions dans des entreprises privées.
- Interdiction de posséder des logements destinés à la location.
Loin d’être un simple effet d’annonce, Nyerere applique cette discipline à sa propre famille. Il se sépare de ses biens immobiliers excédentaires, tandis que son épouse cède son élevage de volailles à une coopérative locale.
Un train de vie monacal salué par la presse internationale
Durant la Guerre froide, la presse occidentale observe avec étonnement ce chef d’État qui vit à contre-courant des pratiques de l’époque.
À la fin des années 1970, le magazine TIME qualifie son mode de vie de l’un des plus simples de la planète pour un dirigeant, évaluant son traitement annuel à environ 6 000 dollars, dans une modeste maison près de Dar es Salaam.
Quelques années plus tard, à l’approche de son départ du pouvoir, The New Yorker confirme cette sobriété, estimant ses revenus autour de 5 000 dollars par an.
Près de quarante ans après son départ de la présidence, l’héritage de Julius Nyerere demeure le symbole d’une boussole morale rare en politique : le pouvoir pensé non comme un privilège,mais un sacrifice