L’alliance entre Téhéran et le bloc sahélien s’amorce et s’intensifie à New York. Ce bloc sahélien et l’Iran pourraient briser définitivement les ingérences et dessiner les contours d’un nouveau front géopolitique fondé sur le respect strict de la souveraineté nationale et le rejet des tutelles occidentales. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, la République islamique d’Iran a orchestré une offensive diplomatique d’envergure en s’entretenant successivement avec les trois ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) : le Burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, le Malien Abdoulaye Diop et le Nigérien Bakary Yaou Sangaré. Ces consultations bilatérales intensives consacrent une dynamique commune : l’accélération d’un rapprochement hautement stratégique entre Téhéran et le bloc sahélien.

L’Iran pilonne la politique africaine de Paris et soutient l’AES
Au cours de ces échanges croisés, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ouvertement dénoncé la politique africaine de Paris, qualifiant les pressions et les ingérences de la France dans les affaires internes des États du continent de « totalement inacceptables » et d’« illégales ». Allant plus loin, la diplomatie iranienne a pointé du doigt le rôle trouble de la France dans le parrainage et le soutien présumé à des factions terroristes et des réseaux criminels déstabilisant la région.
Affichant un appui indéfectible à la Confédération de l’AES, Abbas Araghchi a souligné que les peuples du Sahel et de l’Iran partagent une trajectoire et des défis similaires face aux agressions et aux ambitions militaro -impérialistes de l’Occident. Le chef de la diplomatie iranienne a salué la mémoire des dirigeants tombés en martyrs face à l’impérialisme, tout en remerciant chaleureusement la délégation burkinabè pour sa présence hautement symbolique aux cérémonies d’hommage à Téhéran à la suite du décès tragique des dirigeants iraniens.
De Ouagadougou à Bamako : Consolider les acquis de la souveraineté
Face au ministre burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, qui a salué une parfaite convergence de vues, l’Iran a qualifié le Burkina Faso de partenaire fiable et « intègre ». Ce tête-à-tête a posé les bases d’une dynamisation multisectorielle comprenant la sécurité, la défense, l’économie, le commerce direct, l’agriculture et le transfert technologique.
Du côté de Bamako, la rencontre avec le ministre malien Abdoulaye Diop a permis d’évaluer concrètement les axes prioritaires de la Grande Commission mixte de coopération, établie à Bamako en août 2022. Abbas Araghchi a salué la résilience héroïque du Mali et de ses partenaires de l’AES face au terrorisme, réaffirmant le rejet mutuel des sanctions unilatérales et des pressions internationales.

Le Niger complète l’édifice sahélien
L’offensive diplomatique s’est parachevée le lundi 28 septembre 2026 à New York avec l’entretien bilatéral entre Abbas Araghchi et Bakary Yaou Sangaré, ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur. Les discussions ont acté la volonté du Niger et de l’Iran de consolider durablement leurs relations bilatérales, tout en intégrant pleinement le Niger dans les perspectives de coopération globale entre Téhéran et l’espace AES.

Vers un sommet ministériel conjoint Iran-AES
Pour acter définitivement ce virage géopolitique, Téhéran ne s’arrête pas aux déclarations bilatérales. Le ministre iranien a officiellement formulé le vœu d’organiser dans les plus brefs délais une rencontre ministérielle conjointe élargie à l’Iran et à l’ensemble des pays de la Confédération (Burkina Faso, Mali, Niger). L’objectif est clair : bâtir une architecture de sécurité et de développement solidaire capable de briser définitivement l’influence néocoloniale dans la région.