
L’Afrique n’est la propriété de personne, et sa liberté de choisir ses partenaires internationaux est absolue et non négociable. C’est la substance du message de rupture porté par l’homme politique camerounais Serge Espoir Matomba. En réponse directe au récent rapport de VIGINUM l’organisme étatique français de protection contre les ingérences numériques étrangères qui met formellement en cause sa personne et son groupe de presse For You Média Africa, le leader panafricaniste a publié une déclaration d’une puissance rare pour recadrer fermement les cercles stratégiques de l’ancienne puissance coloniale.
Face à ce que de nombreux experts qualifient de tentative d’intimidation administrative ou de paternalisme d’un autre âge, le promoteur de For You Média Africa oppose une fin de non-recevoir magistrale : « L’Afrique ne leur appartient pas ! »
Le grand recadrage : « Depuis quand la France est-elle l’arbitre des Africains ? »
Pour Serge Espoir Matomba, le fait qu’une agence rattachée au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) consacre plusieurs pages à analyser la ligne éditoriale, les relations et les orientations géopolitiques d’un média camerounais indépendant est le symptôme d’un mal profond. Celui d’une incapacité chronique, chez certains décideurs français, à accepter que l’Afrique s’émancipe et s’auto-détermine.
« Le Cameroun n’est pas une propriété française. L’Afrique n’est pas une zone d’influence réservée », martèle l’homme politique. « Nous sommes libres de travailler avec la Russie, la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Turquie, les pays arabes ou toute autre nation avec laquelle nous avons des intérêts communs. Cette liberté ne nécessite ni autorisation ni validation de Paris. »
Le promoteur s’interroge ouvertement sur les doubles standards appliqués par la diplomatie et les agences françaises : depuis quand accorder la parole à des voix discordantes ou nouer des partenariats en dehors de l’axe occidental constitue-t-il automatiquement une opération d’ingérence hostile ?
Non à l’insulte de l’intelligence africaine
Rejetant en bloc les accusations de manipulation ou de relais d’influence, le leader du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (PURS) défend avec vigueur la maturité des peuples et des professionnels du continent. L’Afrique dispose de journalistes, d’universitaires et de cadres parfaitement outillés pour distinguer une coopération mutuellement bénéfique d’une quelconque soumission.
For You Média Africa réaffirme son indépendance absolue : sa ligne éditoriale n’est dictée ni à Paris, ni à Moscou, ni à Pékin. Elle est le reflet d’un engagement panafricaniste pleinement assumé, axé sur la réappropriation par les Africains de leurs ressources, de leur sécurité et de leur destin politique.
Le principe de réciprocité et de cohérence
Poussant la France face à ses propres contradictions, l’article rappelle que les institutions françaises financent, soutiennent et collaborent activement avec de nombreux médias, influenceurs et acteurs du numérique sur le sol africain.
Dès lors, au nom de quoi ce qui est jugé légitime et stratégique pour les intérêts de Paris deviendrait il suspect ou assimilé à de la propagande dès lors qu’un opérateur africain choisit de diversifier ses alliances ? La liberté de coopération et d’expression ne saurait être à géométrie variable.
Une dynamique d’émancipation irréversible
Loin de se laisser intimider par les classifications ou les campagnes de suspicion de VIGINUM, Serge Espoir Matomba prévient que For You Média Africa continuera d’informer, de briser les monopoles informationnels et de dénoncer les rapports de domination. Le ton est clair : les invités des plateaux, les sujets traités et les orientations géopolitiques du média ne seront jamais soumis au diktat d’un rapport administratif étranger.
Précisant qu’il ne nourrit aucune hostilité envers le peuple ou les citoyens français, le promoteur conclut sur une note d’une clarté absolue : l’Afrique exige le respect, et sa marche vers la pleine souveraineté est définitivement enclenchée. La souveraineté n’est pas un privilège octroyé par l’Occident, c’est un droit fondamental que le continent entend désormais exercer sans complexe.