Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a vigoureusement contesté les dernières prévisions économiques du Fonds monétaire international (FMI) concernant l’Algérie. Lors d’une interview accordée à la télévision nationale, le chef de l’État a fermement défendu la solidité des réserves de change nationales et a réitéré son refus catégorique de recourir à l’endettement extérieur, érigeant la santé financière du pays en pilier de la souveraineté nationale.
Le FMI sonne l’alarme, Alger conteste les chiffres
L’origine de cette mise au point présidentielle réside dans le 21 Septembre 2026 dernier rapport de l’institution de Washington. Le FMI y anticipe une érosion sévère des réserves de change de l’Algérie à moyen terme, prédisant qu’elles pourraient chuter sous la barre des 20 milliards de dollars d’ici 2031, contre environ 51 milliards de dollars actuellement.
Un scénario catastrophe balayé d’un revers de main par le président Tebboune. Préférant opposer une expertise de terrain aux calculs des institutions financières internationales, le chef de l’État a répliqué de manière incisive : « Nous connaissons mieux notre économie que ceux qui l’analysent de loin ». Pour la présidence, le niveau actuel des caisses de secours en devises reste largement suffisant pour garantir l’avenir économique du pays.
Le refus de l’endettement comme dogme politique
Au-delà de la bataille des chiffres, la position d’Alger traduit une doctrine géopolitique historique : l’évitement absolu des prêts internationaux. Pour Abdelmadjid Tebboune, protéger les réserves et refuser les crédits étrangers est une obligation absolue pour préserver la liberté de décision politique du pays et éviter les politiques d’austérité souvent imposées par les bailleurs de fonds.
Pour maintenir cette trajectoire d’indépendance, la stratégie de l’exécutif repose sur trois axes majeurs :
- La cure d’austérité sur les importations : Restreindre l’achat de biens étrangers pour stopper la fuite des devises.
- Le protectionnisme industriel : Stimuler et substituer les produits importés par une production locale en plein essor.
- La diversification extractive : Accélérer les grands projets miniers pour générer de nouvelles sources de revenus hors hydrocarbures.
Une économie sous perfusion de la production nationale
Le chef de l’État s’est montré particulièrement confiant quant aux premiers résultats de cette politique d’autosuffisance. « Aujourd’hui, lorsque vous réduisez les importations, vous renforcez vos réserves. Nous nous employons à réduire les importations parce que la production nationale se consolide », a-t-il martelé.
Reste à savoir si cette transition industrielle locale pourra avancer assez rapidement pour compenser les fluctuations des marchés pétroliers et gaziers, dont l’Algérie reste fortement dépendante. Pour l’heure, Alger trace sa propre route, loin des recettes économiques dictées par Washington.