Le Burkina Faso vient d’acter une refonte idéologique majeure de son système éducatif. Le gouvernement a officiellement validé un plan global de « décolonisation » des programmes d’Histoire, de Géographie et d’Instruction Civique de l’enseignement secondaire. L’objectif affiché par le ministère est clair : déconstruire les paradigmes occidentaux pour restituer aux élèves une mémoire endogène, digne et souveraine.
L’Évolution de ce changement
Sous l’impulsion historique du capitaine Ibrahim Traoré, le Burkina Faso a opéré une véritable révolution des esprits en bouleversant ses programmes scolaires d’histoire, de géographie et d’éducation civique, brisant ainsi définitivement le récit biaisé et les calomnies hérités de l’époque coloniale. Cette reconquête identitaire a suivi une trajectoire méthodique : amorcée dès le 31 décembre 2024 par l’annonce officielle du président lors de son discours de nouvel an, elle s’est accélérée le 30 juillet 2026 avec la validation en Conseil des ministres du réajustement des programmes techniques, avant de devenir pleinement effective au début du mois de septembre. En effet, du 1er au 7 septembre 2026, le processus a franchi son cap le plus percutant lors d’une cérémonie nationale à Ouagadougou officialisant la décolonisation des mots, transformant ainsi les « explorateurs » d’autrefois en « espions » ou « envahisseurs ». Dès la rentrée du 1er octobre 2026, cette réforme est devenue une réalité concrète dans toutes les classes, du CP1 à la Terminale, permettant à l’école burkinabè de former des patriotes désormais nourris de leur propre vérité historique.
La fin des termes dévalorisants
Avec cette réforme historique, le Burkina Faso change de paradigme. Plus jamais les propos déplacés, misérabilistes ou dévalorisants à l’égard du continent noir n’auront droit de cité dans le système éducatif national. Le récit historique et géographique national est désormais purgé des biais extérieurs pour redonner aux générations futures la fierté de leurs origines.
Dans cette optique de rupture, le ministère a dressé une liste stricte de chapitres, de notions clés et de requalifications sémantiques qui doivent obligatoirement structurer le nouveau cursus :
- En Histoire: la mémoire des luttes et la déportation des Africains
La terminologie coloniale est purement et simplement abolie. Le concept de « traite négrière » ou de « traite des noirs » s’efface définitivement devant l’exactitude historique de la « déportation des Africains ». Les manuels intègrent désormais des chapitres fondamentaux ancrés sur la résistance face à l’« invasion militaire européenne » et à l’« invasion impérialiste française ». Les « conquérants » et « colons » deviennent des « envahisseurs », les « explorateurs » des « espions », tandis que l’exploitation économique est requalifiée en « pillage des territoires envahis ». Une place centrale est également accordée à l’histoire d’avant l’écriture avec l’étude de l’émergence de la civilisation égyptienne, définie comme la première grande civilisation de l’histoire.
- En Géographie : le prisme de la souveraineté économique
Le lexique de la fatalité est banni des salles de classe. Les expressions qualifiant le Burkina Faso de « pays pauvre, endetté ou à climat défavorable » sont formellement proscrites. Les élèves étudieront désormais un « pays continental » faisant face à des « défis et opportunités ». L’analyse géographique abandonne la notion classique de développement occidental au profit d’une « notion de développement endogène », reposant sur la valorisation locale et la cohésion des différents groupes socioculturels.
- En Éducation à la Citoyenneté et au Patriotisme (ECP)
Remplaçant l’ancienne Instruction Civique et Morale (ICM), cette discipline est repensée pour devenir le socle de l’engagement civique national, articulée autour des valeurs patriotiques et de la défense culturelle.
Un tournant géopolitique majeur
Cette révolution lexicale et curriculaire marque un virage politique de premier ordre dans la politique d’affirmation culturelle menée par Ouagadougou. En reprenant le contrôle de son récit historique, le Burkina Faso entend armer intellectuellement sa jeunesse et affirmer sa totale souveraineté face au reste du monde
