L’annonce a les apparats d’un soutien technique, mais elle cache les contours d’un redoutable piège politique. Le 6 octobre 2026, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a officialisé la livraison d’une flotte d’une centaine de drones aux forces armées malgaches. Une générosité soudaine qui interroge, alors que le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, entretient déjà de solides relations militaires avec Moscou, scellées par la réception récente de blindés et d’hélicoptères Mi-8.
Derrière l’argument technologique de ces appareils hybrides (VTOL) capables de survoler les zones enclavées et de surveiller les côtes , se joue une partition diplomatique bien plus agressive. En s’immisçant au cœur de la défense malgache, Paris tente manifestement de court-circuiter l’axe Antananarivo-Moscou. Plus inquiétant encore : l’armée française conserve le contrôle de la formation des télépilotes. Sous couvert de coopération, cette mainmise technique fait planer un spectre d’ingérence et d’espionnage de la part de l’ancienne puissance coloniale.

Le spectre du Sahel : un appel à la vigilance
Cette situation résonne comme un signal d’alarme. Les résultats de la politique de Paris au Sahel marquée par les crises et les attaques au Mali, au Burkina Faso et au Niger devraient pourtant servir de leçon. Alors que les nouveaux États africains cherchent aujourd’hui à élargir leur coopération internationale, Madagascar semble céder à ses anciennes habitudes, face au même maître et avec la même méthode.
Changer, c’est devenir, dit-on. Pourtant, l’engrenage dans lequel s’engouffre la Grande Île interroge : assiste-t-on au retour d’un État sous l’emprise de l’Occident ? Peut-on encore persister dans cette voie ? La livraison progressive de cette flotte, qui s’étalera d’un premier prototype immédiat jusqu’à la fin décembre 2026, impose une vigilance maximale pour éviter que le pays ne se laisse définitivement enfermer dans ce piège géopolitique