15 octobre 2026, 3:59 pm

BURKINA FASO : « ON TUE UN HOMME, PAS SES IDÉES » : L’ÉTERNEL AUTOMNE DE THOMAS SANKARA.

Aujourd’hui, 15 octobre, l’Afrique et le monde se souviennent. Le Burkina Faso commémore la mémoire du capitaine révolutionnaire Thomas Sankara. 39 ans jour pour jour après son assassinat, le « sankarisme » n’a rien perdu de sa force. Près de quatre décennies plus tard, ses formules percutantes, son intégrité et son sourire hantent encore l’esprit d’une jeunesse africaine en quête de souveraineté.

Le jour où le destin a basculé

Le 15 octobre 1987, une rafale de balles brise le destin d’un jeune capitaine de 37 ans au Conseil de l’Entente, à Ouagadougou. Le coup de force est orchestré par ses proches camarades, au premier rang desquels Blaise Compaoré. Douze de ses compagnons d’armes tombent avec lui, éliminés par des réseaux connectés aux intérêts néocoloniaux. Thomas Sankara s’éteint, mais sa légende commence.

La naissance du « Pays des hommes intègres »

Tout commence le 4 août 1983. Porté au pouvoir à seulement 33 ans par un coup d’État d’officiers progressistes, il prend les rênes de la Haute-Volta. Refusant l’héritage colonial, il rebaptise le pays un an plus tard : le Burkina Faso, ou le « Pays des hommes intègres ». Sa mission est claire : secouer le joug impérialiste et redonner sa dignité au peuple.

Quatre ans de révolution globale

Sous le slogan « La Patrie ou la mort, nous vaincrons ! », le capitaine lance des chantiers titanesques en seulement quatre ans :

  • Santé : Vaccination de 2,5 millions d’enfants en deux semaines contre la rougeole et la méningite.
  • Infrastructures : Lancement de la « bataille du rail » en février 1985.
  • Environnement : Plantation de millions d’arbres pour stopper l’avancée du désert.
  •  Économie et  Culture : Émancipation de la femme burkinabè et obligation pour les ministres de porter le Faso Danfani, le tissu local.

Son mot d’ordre tient en une formule devenue historique : « Produisons et consommons burkinabè ».

La voix des sans-voix face à l’impérialisme

Sankara devient rapidement la mauvaise conscience des puissants. En juillet 1987, à Addis-Abeba, il prononce un discours mythique devant l’OUA, appelant les pays africains à refuser collectivement le piège de la dette. À la tribune des Nations Unies, il refuse de parler en vassal. Il fustige l’apartheid, défend la Palestine et rejette une aide internationale qui asphyxie le continent. En bousculant l’ordre établi, il se sait condamné.

Une graine semée pour l’éternité

Le 15 octobre 1987, le leader est tombé. Mais l’histoire a donné raison à sa dernière prédiction, lancée quelques jours avant sa chute : « On peut tuer un homme, mais on ne tue pas les idées ». En tentant d’enterrer le capitaine, ses bourreaux ont en réalité semé une graine. Trente-neuf ans plus tard, l’Afrique n’a pas oublié.

Redige par: clement Djomangola

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partagez

Espace annonceur

Les Plus commentés

NOTE : Plus jamais ça
AES:LES TROIS ÉTATS OFFICIALISENT LA CRÉATION D’UNE COMPAGNIE AÉRIENNE COMMUNE
EGYPT/ KUWAIT / CAIRO’S FM IN TALKS ON INVESTMENT, REGIONAL ISSUES
SÉNÉGAL : 10,57 MILLIONS DE BARILS DE PÉTROLE COMMERCIALISÉS EN 5 MOIS

Articles qui pourraient vous plaire

Rechercher ...

Téléchargez notre application For you Media Africa dès maintenant

Ce site utilise des cookies

Nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations relatives à l’appareil. Nous le faisons pour améliorer l’expérience de navigation et afficher des publicités personnalisées. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir des conséquences négatives sur certaines caractéristiques et fonctions.