
L’histoire en dit long, mais l’honneur revient aujourd’hui à cette martyre qui a contribué à libérer l’Afrique de l’influence française. Figure emblématique du continent, Hadja Andrée Touré, épouse du premier président de la République de Guinée, Ahmed Sékou Touré, s’est éteinte ce mercredi 8 juillet 2026 au Maroc, où elle séjournait pour des soins.
La bataille pour l’indépendance de l’Afrique fut longue et difficile. Dans ce combat acharné, les femmes ont joué un rôle déterminant et indissociable du succès de cette lutte. Aux côtés d’autres figures historiques majeures telles qu’Hadja Mafory Bangoura et Mbalia Camara, Hadja Andrée Touré fut une combattante ayant accompagné Sékou Touré vers l’indépendance totale de la Guinée.
Le président Ahmed Sékou Touré, dirigeant exemplaire, avait marqué les esprits par sa célèbre réponse face aux pressions coloniales : « Nous préférons la liberté dans la servitude que de la servitude dans l’opulence ». Ce combat pour la souveraineté n’aurait pu être mené à bien sans l’engagement de ces femmes d’exception. C’est pourquoi, aujourd’hui, le parcours de Hadja Andrée Touré doit être considéré comme une « lettre à enregistrer » pour les générations futures.
Une vie dédiée à la dignité nationale
Durant les vingt-six années de présidence d’Ahmed Sékou Touré (1958-1984), Hadja Andrée Touré fut Première dame de la République. Elle a porté, avec dignité et constance, le poids de l’Histoire et les épreuves qu’elle lui a réservées, sans jamais renier son attachement viscéral à la Guinée.
En 2023, elle avait publié son ouvrage autobiographique, « Ma Vie auprès d’Ahmed Sékou Touré », retraçant son parcours et offrant un témoignage précieux sur la lutte pour l’indépendance. Elle restera dans les mémoires comme une femme de courage, de résilience et de fidélité à son pays, ayant traversé les tourments de l’histoire commune avec une dignité exemplaire.
La nation guinéenne en deuil
Suite à l’annonce de son décès, le président de la République, S.E. Mamadi Doumbouya, a rendu un vibrant hommage à celle qui représentait, selon ses mots, « une part vivante de la mémoire collective de la Guinée ».
« Celle qui nous quitte n’était pas seulement une épouse et une mère ; elle fut, aux côtés du Président Ahmed Sékou Touré, un témoin privilégié et une actrice discrète des heures fondatrices de notre indépendance », a déclaré le Chef de l’État dans son message officiel.
Le président a conclu son hommage en formulant des prières pour le repos de l’âme de cette figure emblématique, souhaitant qu’elle soit accueillie au « Paradis Firdawsi ». Alors que le programme des obsèques reste à communiquer, le souvenir de ce parcours, fortement marqué par le combat pour la liberté, demeure plus que jamais gravé dans l’histoire de l’Afrique.