
C’est dans une ambiance stratégique, surtout que le nouveau chef de l’État est accueilli.Neuf jours seulement après sa prestation de serment, le nouveau président béninois
Wadagni Romuald entame une tournée hautement stratégique au Niger et au Burkina Faso. Après avoir consulté son homologue nigérian Bola Tinubu, le jeune chef de l’État descend sur le terrain sahélien pour concrétiser l’amour profond et le respect qu’il a témoignés envers les présidents de l’AES lors de son investiture.
De Lagos à Niamey : le grand virage souverainiste de Wadagni
Le ballet diplomatique s’accélère à Cotonou. Après un premier séjour de courtoisie au Nigeria auprès de Bola Tinubu, Wadagni Romuald prend tout le monde de court en réservant ses premiers déplacements bilatéraux officiels aux bastions de l’Alliance des États du Sahel (AES). Attendu ce mardi à Niamey puis à Ouagadougou, le président béninois affiche un enthousiasme flagrant à l’idée de retrouver ceux qu’il qualifie désormais de « frères ». Ce choix fort marque une rupture nette avec la diplomatie d’affrontement des années passées.
Le tête-à-tête de Niamey : briser la glace avec le Général Tiani
L’étape nigérienne constitue le point d’orgue de cette tournée. Romuald Wadagni va être reçu en tête-à-tête par le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le Général d’armée Abdourahamane Tiani. Les deux hommes ont l’opportunité historique d’enterrer définitivement les contentieux hérités de la crise de juillet 2023. Au menu des discussions : la réouverture totale des frontières, la relance des flux économiques et, surtout, la clarification définitive des questions sécuritaires qui empoisonnaient les relations sous l’ancienne administration béninoise.
Face au péril terroriste : Condamnés à travailler ensemble
Dès son investiture le 24 mai dernier, le ton était donné. En présence d’invités de marque tels que le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine et les chefs de la diplomatie du Burkina Faso et du Mali, Romuald Wadagni avait plaidé pour un panafricanisme pragmatique.
« Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », avait-il martelé.
Après l’accueil à Niamey, la Direction du protocole d’État burkinabè confirme que le président béninois est attendu dans l’après-midi à l’aéroport international de Ouagadougou par le Capitaine Ibrahim Traoré. Cette alliance de terrain face aux groupes armés terroristes s’impose comme une nécessité vitale que le Bénin veut désormais traiter main dans la main avec l’AES, sur la base du dialogue et du respect mutuel.
Cap sur le Togo et le réalisme régional
Cette offensive de charme dans le Sahel n’est que la première phase d’un redéploiement plus large. À la suite de ses escales au Niger et au Burkina Faso, Romuald Wadagni est attendu au Togo, un État qui a toujours privilégié la médiation et le dialogue avec l’AES, avant de poursuivre vers la Côte d’Ivoire et le Ghana. En se positionnant comme un pont entre le littoral et le Sahel, Cotonou espère redevenir le hub économique incontournable de l’Afrique de l’Ouest.