
L’Afrique centrale accélère la prise en main de son destin économique. Loin des schémas d’assistance extérieurs, les institutions financières du continent démontrent leur maturité et leur capacité à mobiliser l’épargne et les capitaux pour financer le développement endogène. C’est le signal fort envoyé ce vendredi 12 juin 2026 depuis Brazzaville, où la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a posé de nouveaux jalons pour son autonomie financière.
Réuni par visioconférence sous la présidence de S.E.M. Hervé Ndoba, Ministre des Finances et du Budget de la République Centrafricaine et Président en exercice du Conseil d’Administration, le sommet a validé des décisions stratégiques majeures présentées par le Président de la Banque, Monsieur Dieudonné Evou Mekou.
Le Plan « Azobé » sur de bons rails : 20 milliards de FCFA mobilisés
Au cœur des échanges : la diversification des ressources pour soutenir sans relâche les économies de la sous-région. Dans le cadre du Plan Stratégique 2023-2027 baptisé « Azobé » du nom de cet arbre africain réputé pour sa robustesse et sa résilience , la BDEAC a obtenu le feu vert pour l’activation d’une nouvelle ligne de crédit de 30 millions d’euros, soit près de 20 milliards de FCFA.
Ce financement, accordé par la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), est la preuve concrète d’une coopération Sud-Sud dynamique et d’une confiance renouvelée entre de grandes institutions africaines.
À l’assaut des marchés internationaux de capitaux
Déterminée à élargir ses leviers, la BDEAC s’apprête également à franchir un cap historique. Le Conseil d’Administration a donné son accord pour engager les démarches nécessaires afin d’accéder directement aux marchés internationaux de capitaux. Une offensive stratégique qui permettra à la Banque d’amplifier sa force de frappe au service des grands projets d’intégration régionale, d’infrastructures et d’industrialisation de la zone CEMAC.
Le regard de la rédaction
La montée en puissance de la BDEAC confirme une tendance lourde sur le continent : l’émergence d’une architecture financière proprement africaine. En diversifiant ses ressources et en s’imposant sur les marchés globaux, l’institution ne fait pas que lever des fonds ; elle affirme la souveraineté économique de l’Afrique Centrale et prouve que le continent possède les compétences et la vision nécessaires pour bâtir sa propre prospérité.
En clôture de session, le Ministre Hervé Ndoba a tenu à saluer la vision de la Direction de la Banque et a réitéré ses remerciements aux plus Hautes Autorités de la République du Congo pour leur soutien constant à l’institution depuis son installation à Brazzaville.