2 juillet 2026, 10:07 am

Le Mali et le Burkina Faso tournent le dos à la CPI

Le concept de souveraineté d’État retrouve, dans l’espace sahélien, une acception radicale et sans équivoque. En affirmant leur droit à une gouvernance affranchie de toute contrainte extérieure, le Mali et le Burkina Faso à l’instar du Niger réinventent les termes de leur engagement international. Ce virage stratégique a pris une forme concrète le 24 juin 2026 : par des notifications officielles enregistrées auprès des Nations Unies, Bamako et Ouagadougou ont enclenché la procédure de retrait du Statut de Rome, texte fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Le retrait du Mali et du Burkina Faso sera donc pleinement effectif le 24 juin 2027.Ce divorce, qui marque la fin d’une ère de coopération judiciaire pour ces États, témoigne d’une volonté manifeste de reprendre le contrôle total de leurs prérogatives régaliennes face à une institution dont la légitimité est désormais ouvertement remise en question.

Entre défense des droits et dénonciation d’une « instrumentalisation

Si le gouvernement malien réaffirme dans sa notification son « attachement à la promotion et à la protection des droits de l’homme » ainsi qu’à « la lutte contre l’impunité sous toutes ses formes », les autorités formulent une critique sévère à l’encontre de la juridiction internationale.
Le constat dressé par Bamako est sans appel : le gouvernement dénonce avec regret une « instrumentalisation politique » de la Cour, affirmant que celle-ci entrave la réalisation d’une justice pénale internationale équitable. Une position qui fait écho à celle du Burkina Faso, qui souligne également que la Cour s’est progressivement éloignée de ses idéaux fondateurs, passant d’un instrument impartial à un outil politique au détriment de l’objectivité attendue.

Une procédure encadrée par le Statut de Rome

Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, ce retrait ne prend pas effet immédiatement. Le texte stipule en effet que « tout État partie peut, par voie de notification écrite adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, se retirer du présent Statut ».

  • Date d’enregistrement : L’action a été officiellement actée par l’ONU le 24 juin 2026.
  • Délai de préavis : En vertu de la règle de l’article 127, le retrait devient effectif un an après la date de réception de la notification.
  • Échéance finale : Le retrait du Mali et du Burkina Faso sera donc pleinement effectif le 24 juin 2027.

Avec cette décision, après celle du Niger, ces États du Sahel affirment leur volonté de reprendre la main sur leur souveraineté judiciaire, tournant ainsi le dos à une institution dont la légitimité est désormais ouvertement contestée sur le plan national.

 

Redige par: clement Djomangola

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