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C’est un week-end de fer et de feu qu’a traversé le Mali. Samedi, une offensive d’une ampleur inédite a visé simultanément les centres névralgiques du pays : de Bamako à Kidal, en passant par l’arsenal de Kati. Alors que le groupe JNIM et le Front pour la libération de l’Azawad affirment avoir coordonné leurs forces pour frapper le cœur du pouvoir, les paramilitaires russes d’Africa Corps, alliés aux FAMa, revendiquent avoir empêché un « scénario syrien ». Entre annonces de victoires stratégiques, rumeurs persistantes sur le sommet de l’État et instauration d’un couvre-feu strict, la situation reste extrêmement tendue.
L’attaque a été massive, coordonnée, et a visé les symboles de la transition
Dès samedi, le Mali a basculé dans une atmosphère de guerre totale. Le palais présidentiel, l’aéroport international Modibo Keïta et le ministère de la Défense ont été pris pour cibles. Au même moment, à 15 kilomètres de la capitale, la garnison de Kati, véritable verrou sécuritaire du pays, essuyait des tirs nourris.
Au cœur de la riposte : les instructeurs d’Africa Corps
Sur Telegram, le groupe russe affirme avoir repoussé une force de 10 000 à 12 000 combattants. En revendiquant la neutralisation de plus de 1 000 djihadistes, Africa Corps martèle avoir sauvé Bamako d’une chute certaine. Ils pointent du doigt une alliance hybride entre le JNIM, le FLA et des soutiens étrangers. Une version que Bamako appuie à demi-mot, affirmant que la situation est désormais « totalement sous contrôle ».
Pourtant, le flou persiste sur certains points stratégiques
Dans le Nord, le FLA assure tenir Kidal, encerclant les derniers combattants russes dans l’ancien camp de la MINUSMA. Plus inquiétant encore, une rumeur s’est propagée comme une traînée de poudre : celle du décès du ministre de la Défense, Sadio Camara, lors de l’assaut sur Kati. Une information qu’aucune source officielle n’a confirmée ni démentie pour l’heure.
Face à l’urgence, le pays se verrouille
Un couvre-feu inédit de 72 heures a été instauré à Bamako, plongeant la capitale dans un silence de plomb dès 21 heures. À Gao, la mesure est encore plus stricte. Si la CEDEAO et l’Union Africaine ont fermement condamné ces « actes odieux », l’aéroport de Bamako est resté fermé tout au long de la journée de samedi, signe d’une vigilance qui ne faiblit pas.
Sur une ligne de front de plus de 2 000 kilomètres, le Mali joue en ce moment sa stabilité, alors que les bilans définitifs, tant humains que matériels, peinent encore à remonter du terrain.