
Au Nigeria, la frontière entre le droit à l’information et la responsabilité nationale est de nouveau au cœur des débats. S’exprimant ce vendredi 19 juin 2026 au sommet majeur sur la sécurité à Abuja, le ministre de l’Information et de l’Orientation nationale, Mohammed Idris, a lancé un appel direct et pressant aux patrons de presse et aux journalistes nigérians : cesser d’offrir une vitrine médiatique aux groupes armés qui déstabilisent le pays.
Une publicité gratuite » pour la terreur
Pour le représentant du gouvernement, l’exposition médiatique disproportionnée dont bénéficient les terroristes, les bandits et les kidnappeurs joue le jeu de ces derniers. « Veuillez retirer ces terroristes et ces criminels de vos unes », a martelé Mohammed Idris. « C’est exactement ce qu’ils réclament gratuitement. » According to him, ce traitement médiatique ne fait qu’alimenter la stratégie de la peur et de l’instabilité recherchée par ces réseaux criminels.
Le ministre a également regretté un certain déséquilibre dans le traitement de l’actualité sécuritaire. Selon lui, les crimes font trop souvent les gros titres, tandis que les efforts, les victoires et les sacrifices des forces de défense et de sécurité pour protéger les citoyens restent relégués au second plan.
Un dialogue direct entre la presse et les services de renseignement
Cet appel a été lancé dans un cadre hautement stratégique. Le sommet, qui s’étale sur deux jours, est co-organisé par l’Union nigériane des journalistes (NUJ) et les services de sécurité de l’État (SSS, plus connus sous le nom de DSS).
L’événement rassemble un large panel d’acteurs clés, incluant des représentants de l’Institut international de la presse (IPI) du Nigeria, de hauts gradés de l’armée et de la police, ainsi que des émissaires du ministre de la Défense, Christopher Musa, et du gouverneur de l’État de Kano, Abba Yusuf.
L’objectif affiché de cette rencontre est de redéfinir les rapports entre les médias et l’appareil sécuritaire de l’État. Le ministre de l’Information a insisté sur le fait que les journalistes doivent impérativement concilier la liberté de la presse un pilier démocratique avec le devoir de participer à la construction et à la préservation de la nation. Les discussions se poursuivent ce vendredi avec l’intervention très attendue du directeur général du DSS.