30 août 2025, 5:51 am

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Sommet de l’ONU sur l’Océan – La voix de l’Afrique va-t-elle enfin porter ?

Alors que les projecteurs sont tournés vers le Sommet des Nations Unies sur l’Océan qui s’achève dans 48 heures, la question de la représentation et de l’influence des nations africaines est plus pertinente que jamais. Traditionnellement en marge des grandes décisions internationales sur l’environnement, l’Afrique, avec son littoral immense et sa dépendance croissante aux ressources marines, a un enjeu vital dans la santé des océans. Mais sa voix parviendra-t-elle à s’élever au-delà des déclarations de principe pour influencer concrètement les politiques mondiales ?

Les enjeux africains : Une double vulnérabilité

Le continent africain est doublement vulnérable face à la dégradation des océans. Premièrement, ses communautés côtières, souvent parmi les plus pauvres, dépendent directement de la pêche artisanale pour leur subsistance et leur économie. La surpêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), souvent perpétrée par des flottes étrangères, épuise les stocks de poissons, menaçant la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes.
Deuxièmement, l’Afrique est en première ligne face aux conséquences du changement climatique. L’élévation du niveau de la mer érode les côtes, salinise les terres agricoles et déplace les populations. L’acidification des océans met en péril les écosystèmes marins vitaux comme les récifs coralliens, qui sont des puits de biodiversité et des protections naturelles contre les tempêtes. Les pollutions, notamment plastiques, asphyxient les zones côtières, affectant la santé humaine et la biodiversité.

Le besoin d’une approche holistique et financièrement soutenue

Lors des précédents sommets, la contribution de l’Afrique s’est souvent limitée à des appels à la reconnaissance de ses défis spécifiques et à l’obtention de financements. Cependant, les engagements financiers peinent à se matérialiser à l’échelle requise pour des actions significatives. Le continent a besoin non seulement d’une aide financière accrue, mais aussi d’un renforcement des capacités techniques et scientifiques pour surveiller ses eaux, lutter contre la pêche illégale et développer une économie bleue durable.
L’Afrique plaide pour une approche holistique de la gestion océanique, qui intègre la protection de la biodiversité, la lutte contre la pollution, la gestion durable des pêches et l’adaptation au changement climatique. Cette vision est en phase avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU, notamment l’ODD 14 sur la vie aquatique.
Les stratégies pour une voix africaine forte

Pour que la voix de l’Afrique porte lors de ce sommet, plusieurs stratégies sont essentielles :
– Unité et coordination : Les pays africains doivent présenter un front uni et une position commune, évitant les divisions et les intérêts divergents qui pourraient diluer leur message. Des institutions comme l’Union Africaine (UA) et les commissions régionales de pêche ont un rôle crucial à jouer dans cette harmonisation.
– Mise en avant des solutions locales : Au-delà des doléances, l’Afrique doit mettre en lumière les initiatives locales et régionales réussies en matière de conservation marine et de développement durable. Ces exemples concrets peuvent inspirer et démontrer la capacité du continent à être un acteur de solutions.
– Partenariats équitables : L’Afrique doit rechercher des partenariats internationaux qui vont au-delà de l’aide traditionnelle pour favoriser des transferts de technologie, des investissements dans l’économie bleue et un accès équitable aux marchés marins.
– Soutien à la recherche scientifique : Renforcer la recherche océanographique en Afrique est primordial pour que le continent puisse générer ses propres données, comprendre ses écosystèmes et proposer des solutions basées sur la science.
– Défense d’une « économie bleue » inclusive : L’Afrique ne veut pas seulement protéger ses océans, elle veut aussi en tirer profit de manière durable. Cela passe par le développement de la pêche responsable, du tourisme marin écologique, des énergies renouvelables marines, tout en garantissant que ces bénéfices profitent aux communautés locales.

Conclusion : De l’attente à l’action

Le Sommet de l’ONU sur l’Océan est une opportunité cruciale pour l’Afrique de faire entendre ses préoccupations et ses propositions. La crédibilité et l’impact de sa voix dépendront de sa capacité à présenter une vision unifiée, à mettre en avant des solutions concrètes et à exiger des engagements financiers et techniques à la hauteur des enjeux.
Si l’Afrique réussit à transformer ses vulnérabilités en leviers d’action et à parler d’une seule voix, elle pourrait bien catalyser une dynamique nouvelle pour la conservation des océans, non seulement pour son propre bénéfice, mais pour celui de la planète entière. L’heure n’est plus à l’attente passive, mais à une participation proactive et influente. Le monde attend de voir si cette fois, la voix de l’Afrique portera vraiment.

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