
Réunis à Addis-Abeba à l’occasion de la 49e session ordinaire de son Conseil exécutif, les ministres des Affaires étrangères de l’Union africaine (UA) ont lancé un message fort : la gouvernance mondiale ne peut plus se faire sans l’Afrique. Alors que les crises sécuritaires, les défis climatiques et les impératifs de développement s’accélèrent, le continent entend peser de tout son poids sur la scène internationale.
Une voix unie pour une influence globale
La gouvernance internationale : Pour le président du Conseil, Édouard Bizimana, l’Afrique doit cesser d’être un simple objet des politiques internationales pour devenir un « partenaire dans les solutions ». L’adhésion de l’UA au G20 est saluée comme une victoire, mais le combat continue, notamment pour la concrétisation du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte visant à obtenir des sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU.
Sécurité au Sahel : La Commission de l’UA, par la voix de son président Mahamoud Ali Youssouf, a tiré la sonnette d’alarme face à la progression implacable du terrorisme et de l’extrémisme violent, réaffirmant un soutien indéfectible aux États sahéliens meurtris.
Vers une autonomie financière et économique
Face aux incertitudes mondiales, le mot d’ordre est désormais l’autonomie stratégique:
Mobilisation des ressources internes : Claver Gatete, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a exhorté les pays membres à s’affranchir de la dépendance extérieure en finançant leur développement par leurs propres recettes.
Accélération industrielle : Le développement des capacités de production locales et le renforcement de l’intégration économique régionale s’imposent comme les clés de voûte de l’Agenda 2063.
L’eau et l’assainissement au cœur des priorités
Au-delà des grands dossiers géopolitiques et sécuritaires, cette session met en lumière les urgences du quotidien. Le thème central retenu pour cette année 2026 rappelle un défi vital : garantir un accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs pour l’ensemble des populations du continent.
Alors que les travaux s’achèvent, l’Union africaine joue sa partition avec pragmatisme : entre réformes internes, consolidation budgétaire et exigences diplomatiques, le continent trace la feuille de route de son avenir.