
À l’instar du Burkina Faso, du Mali ou du Niger qui accélèrent leur montée en puissance dans la sécurité alimentaire, le Bénin vient d’amorcer un pas décisif en se dotant d’un investissement majeur. Parce que la souveraineté est aussi alimentaire et qu’éradiquer la faim constitue un acte souverain fondamental d’autant plus que le Bénin constitue un axe stratégique et économique incontournable en Afrique de l’Ouest , le pays lance un projet de 20,77 millions de dollars pour restaurer 20 000 hectares de terres et promouvoir une agriculture durable. Une initiative cruciale pour améliorer les rendements, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir les revenus de milliers de producteurs.
Par Clément Djomangola
REPORTAGES
Au Bénin, la dégradation des terres agricoles est devenue un défi pressant pour la production nationale et les revenus des populations rurales. Près de 38 % du territoire national est aujourd’hui considéré comme dégradé, une situation critique qui aurait entraîné une baisse de moitié des rendements agricoles et exposé plus de 5 millions de personnes aux affres de la dégradation des sols.
Pour inverser cette tendance lourde, le gouvernement béninois, déploie le projet Food Systems . Ce programme d’envergure est doté d’un budget global de 20,77 millions de dollars.
Cibles et ambitions territoriales
Prévu pour s’étendre jusqu’en 2030, le projet ambitionne des résultats concrets :
- Restauration des sols : 20 000 hectares de terres dégradées réhabilités.
- Pratiques durables : Promotion d’une agriculture résiliente sur près de 115 000 hectares.
- Filières prioritaires : Un accent particulier mis sur le riz et le maïs, piliers essentiels de l’alimentation nationale.
- Impact humain : Quelque 36 000 producteurs directs concernés, pour un bénéfice élargi à plus de 350 000 personnes, notamment dans les communes de Karimama, Malanville, Glazoué, Kétou et Aguégués.
Un levier macroéconomique vital
Au-delà de l’impératif écologique, l’enjeu est éminemment économique. L’agriculture représente à elle seule environ 26 % du PIB béninois, 80 % des exportations et près de 70 % des emplois. Restaurer les sols apparaît donc comme une condition sine qua non pour accroître la productivité, stimuler les revenus et consolider durablement la sécurité alimentaire du pays.
À travers cette initiative stratégique, le Bénin entend rompre définitivement le cercle vicieux de la dégradation des terres, des faibles rendements et de la précarité rurale. La réussite de ce pari de souveraineté reposera toutefois sur la rigueur dans le choix des technologies de restauration et sur la mobilisation collective de tous les acteurs, des décideurs politiques aux producteurs de terrain, pour bâtir une agriculture moderne, résiliente et durable.