
Une récidive sanctionnée avec fermeté
La confrontation entre les autorités burkinabè et les géants de l’audiovisuel franchit un nouveau cap. Le Conseil supérieur de la communication (CSC), dirigé par son président Louis Modeste Ouédraogo, vient de frapper un grand coup en infligeant une amende colossale de 200 millions de F CFA à la société CANAL+ International.
En cause : le mépris persistant des décisions de l’instance de régulation nationale et le refus de se plier aux obligations conventionnelles liant l’opérateur au pays.
Chronique d’un bras de fer
Ce nouvel épisode judiciaire et réglementaire s’inscrit dans la continuité d’un avertissement initial qui n’a pas été pris au sérieux par la firme internationale :
- La première sommation : Par la décision n°2026-026/CSC du 12 juin 2026, CANAL+ International avait déjà écopé d’une première amende de 50 millions de F CFA.
- Le grief principal : Le régulateur reprochait à l’opérateur de maintenir des entraves injustifiées, obligeant notamment les abonnés résidant au Burkina Faso à recourir à l’envoi de SMS pour accéder librement aux chaînes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB).
- L’ultimatum bafoué : Un délai de grâce de 30 jours avait été accordé à l’entreprise pour régulariser la situation. À l’échéance de ce délai, le constat du CSC a été sans appel : aucune mesure concrète n’a été mise en œuvre.
La souveraineté nationale face aux firmes internationales
Au-delà de la simple sanction financière, cet acte fort du CSC résonne comme un signal politique majeur.
« Plus jamais ça. » C’est le message clair envoyé par les autorités burkinabè, bien décidées à ne plus tolérer que des firmes multinationales s’affranchissent des lois locales ou jouent avec les droits fondamentaux des consommateurs.
En exigeant le respect absolu de la diffusion des chaînes du service public sans conditions humiliantes ou techniques superflues, le Burkina Faso réaffirme haut et fort sa souveraineté numérique et médiatique. Les abonnés burkinabè, longtemps lésés et réduits à subir les stratégies des géants de la distribution, trouvent ici un défenseur intransigeant face aux logiques mercantiles internationales
