Créée le 24 octobre 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, l’ONU affiche aujourd’hui un bilan contrasté. Après plus de huit décennies au service de l’humanité, le constat d’impuissance de l’organisation face aux grands conflits contemporains n’a jamais été aussi flagrant. Conçue à l’origine pour imposer le droit international, elle s’est peu à peu transformée, selon les analystes, en un instrument de puissance où seuls les « petits États » subissent le poids des condamnations, tandis que les grandes puissances agissent souvent en toute impunité. C’est dans ce contexte de crise de légitimité qu’intervient un coup de tonnerre diplomatique. Ce jeudi 17 septembre 2026, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU a publié un rapport accablant, affirmant détenir des « motifs raisonnables » de croire que les États-Unis ont commis de graves crimes de guerre en Iran.
Le rapport de Genève : des frappes américaines jugées « aveugles »
Les experts des droits de l’homme mandatés par l’ONU pointent directement la responsabilité des forces américaines dans deux frappes militaires majeures survenues en février dernier, au début du conflit armé.
- Le drame de l’école de Minab : Une attaque de type « double-tap » (deux frappes successives) a pulvérisé l’école primaire Shajareh Tayyebeh dans le sud de l’Iran, causant la mort tragique de 165 personnes, principalement des enfants âgés de 7 à 12 ans. La seconde frappe a délibérément ciblé les secouristes venus évacuer les survivants.
- Le complexe sportif de Lamerd : Une seconde frappe a touché un centre sportif et une zone résidentielle adjacente clairement identifiables, entraînant la mort d’au moins 21 civils, dont de nombreuses adolescentes.

Selon l’enquête onusienne, les forces américaines ont fait usage d’un nouveau type de missile balistique à fragmentation de tungstène. Le panel d’experts souligne que les cibles étaient purement civiles et parfaitement identifiables. Le rapport conclut que Washington a agi de manière « imprudente » en dirigeant ces attaques, ce qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire assimilable à des crimes de guerre. Parallèlement, le rapport accuse également les autorités de Téhéran de crimes contre l’humanité pour la répression sanglante des manifestations survenue au début de l’année.
Une indignation sélective: le deux poids, deux mesures de l’ONUPour de nombreux analystes et citoyens du Sud global, cette reconnaissance tardive des crimes américains sonne creux. Elle met surtout en lumière l’incompétence de l’ONU à engager de réels moyens de coercition contre les superpuissances.
Quels leviers contraignants l’organisation va-t-elle réellement déployer face au veto américain permanent au Conseil de sécurité ?
Cette annonce réveille la colère face à l’inertie de l’organisation sur d’autres théâtres de guerre :
- L’impunité des FSR au Soudan : L’ONU s’est révélée incapable d’enrayer les exactions et de sanctionner efficacement les rebelles des Forces de soutien rapide (FSR), accusés de massacres à grande échelle et de violations s’apparentant à un génocide à El Fasher et dans tout le pays.
- La crise au Moyen-Orient : L’incapacité chronique des Nations unies à faire respecter le droit international en Cisjordanie et à sanctionner les exactions commises contre les populations civiles illustre le blocage politique de l’institution.
En fin de compte, si ce rapport de la mission onusienne marque un tournant historique par sa sévérité envers Washington, il rappelle aussi l’extrême faiblesse d’une organisation internationale ligotée par le droit de veto de ses membres fondateurs. Faute de moyens coercitifs réels pour faire appliquer ses conclusions, l’ONU risque une fois de plus de confirmer son statut de tribunal implacable pour les faibles, mais de spectateur impuissant face aux puissants.